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Un film de Guillaume Brac (France)

"Tonnerre" Sortie en salles le 29 janvier 2014.

Maxime est un rocker trentenaire vaguement reconnu. A Tonnerre, dans la maison familiale où il a décidé de passer quelques semaines, il retrouve son père, un homme attentionné, ravi de renouer avec un fils que ses activités professionnelles ont tenu longtemps éloigné de lui.

Le séjour "au vert" aurait pu être serein et laborieux si, à l’occasion d’une interview pour un journal local, Maxime ne faisait la connaissance de Mélodie, une jeune journaliste dont il tombe éperdument amoureux.

La précédente réalisation de Guillaume Grac, "Un monde sans femmes" avait été largement saluée par la critique et suivie par un public qui voyait dans ce jeune metteur en scène un héritier inspiré de Jacques Rozier et d’Eric Rohmer.

Allait-il tenir ses promesses avec son premier long métrage ?

Le scénario "passe partout" de " Tonnerre" allait contraindre le réalisateur à redémontrer sa singularité d’auteur à la périphérie de son sujet.

Ce n’est pas du côté des personnages qu’il allait trouver appui pour cela : un trentenaire musicien qui fait un retour aux sources, une jeune fille au caractère bien trempé mais qui n’est pas certaine d’avoir fait le bon choix en se lançant dans le journalisme, un père qui vit une retraite culinaire et sportive dans une petite ville de province…

C’est finalement dans la peinture de Tonnerre et de la région de Bourgogne l’hiver, que Guillaume Brac trouve compensation à la banalité de son sujet et l’inspiration pour y remédier.

Les paysages enneigés superbement photographiés qui ponctuent le récit et parfois le "blanchissent" presque totalement font passer au second plan une histoire d’amour passionnée et chaotique, une relation père-fils à la fois tendre et bourrue.

Le réalisateur a beau pousser son histoire d’amour le plus loin possible, jusqu’à flirter avec le film de genre, à introduire dans son récit un revolver et une scène de parking musclée, c’est Tonnerre et sa région qui prennent et gardent l’avantage.

Et c’est quand, aidé par l’image, il fait un crochet par des moments de romantisme amoureux (promenades à travers les futaies ou promenades en barque sur le lac), quand il parvient à créer une totale intimité entre ses personnages et la nature à son paroxysme esthétique, que son histoire vibre vraiment.

Le rôle de Maxime a été écrit pour Vincent Macaigne et taillé à ses mesures. Celui-ci répond bien à la confiance que lui ont témoignée Guillaume Brac et ses co-scénaristes.

Le film nous rappelle que Bernard Menez n’a pas toujours été qu’un amuseur ordinaire mais qu’il a été aussi, à plusieurs reprises, l’interprète de Jacques Rozier et du meilleur Pascal Tomas.

Solène Rigot qu’on avait remarquée dans " 17 filles" de Muriel et Delphine Coulin fait figure de "révélation".

Francis Dubois

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