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Un film d’Isabelle Partiot-Pieri (France)

"Toscan" Sortie le 1er décembre 2010

Daniel Toscan du Plantier fut un producteur infatigable amoureux du cinéma et de tous les cinéastes qu’il a révélés, qu’il a entretenus dans leur notoriété, qu’il a sauvés du naufrage ou de l’oubli.
Il écrivit plusieurs ouvrages, fut chroniqueur, directeur d’une maison de disques et d’une maison d’édition et pendant plusieurs années président d’Unifrance.
Il est à l’origine de plus de deux cents films qui sont souvent les œuvres saillantes et les succès publics de cinéastes d’origines et de sensibilités diverses, allant de Pialat à Pascal Thomas en passant par Bergman, Wajda, Herzog, Antonioni, Costa-Gavras ou Fellini pour ne citer qu’eux.
Ce qu’on retient de ce personnage médiatique souvent attaqué ou raillé, dans ce film d’Isabelle Partiot-Pieri, c’est l’humour, la jovialité, l’énergie, le goût du risque et une modestie peut-être bien feinte.

© Angeli Rindoff

Il se disait au service du cinéma et sans doute l’était-il pleinement. On le disait mondain. Il l’était sans doute. On a dit de lui qu’il était un anarchiste civilisé. C’est certainement plus exact quand au bout d’une heure vingt d’un film qui regroupe des extraits d’une centaine d’interviews où il s’est livré peut-être pour mieux brouiller les pistes et cacher les inquiétudes et les angoisses de son personnage médiatique.
Sous des dehors de "baladin flamboyant" qui célébrait la vie et l’art, il rayonnait par son esprit pour transmettre son talent.
Il aimait la musique, Bach. Il aimait l’Opéra (C’est comme une affirmation de l’humanité) au point qu’il s’est retrouvé le metteur en scène de "Don Giovanni" à Monte Carlo en 1983.
Avec lui, a disparu un ambassadeur du cinéma français et son nom manque certainement douloureusement aujourd’hui dans le paysage de la production de films.
A l’extrême fin du film, quand on aborde l’épisode douloureux de l’assassinat de sa femme en Irlande, un meurtre dont l’enquête n’aboutira jamais, on entrevoit la personnalité profonde d’un homme médiatique toujours en représentation. Le sourire est intact, même dans l’évocation du drame. A peine l’émotion dominée l’amène-t-elle à baisser un instant la tête.
"Toscan" est le beau portrait de celui qui croyait au cinéma au point d’en dire "C’est transformer la réalité en utopie"…
Francis Dubois

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