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un film de Daniele Cipri & Franco Maresco (Italie)

"Toto qui vécut deux fois" Sortie en salles le 10 juin

Présenté en sélection officielle au festival de Berlin en 1998, interdit en Italie, "Toto qui vécut deux fois" est enfin visible en France après deux brefs passages à "L’Etrange Festival".

Tourné à Palerme et dans la région "Toto ..." nous propose, en trois épisodes apparemment indépendants, mais reliés par l’intrigue et les personnages, des points de vue sur le thème de la mort de Dieu face à une humanité qui a perdu ses valeurs les plus fondamentales.
Paletta, qui pour assouvir ses désirs sexuels, commet un vol dans le tabernacle placé sous la protection du chef de la mafia subira une terrible punition.
SNES_Toto
Féfé, dont l’amant vient de mourir, hésite à se rendre à la veillée funèbre car il a peur de se faire tabasser par Bastiano, le frère du défunt. Féfé parviendra à éviter la colère de Bastiano, mais affamé et désespéré, il volera la bague du défunt. Les rats qui pullulent dans la ville l’empêcheront de profiter de son larcin.
Toto, un vieux messie, toujours suivi par le bossu nommé Judas auquel il refuse d’enlever son infirmité guérit les aveugle et ressuscite Lazare, un mafioso qui refusait de coopérer avec Don Toto. Sur les hauteurs de Palerme, Paletta et Féfé sont déjà sur la croix. Toto, trahi par Judas, est livré à Don Toto, furieux des meurtres que commet le ressuscité. L’histoire se répètera-t-elle ?
S’ils se disent influencés par le cinéma classique hollywoodien, l’inspiration de "Toto …" est à rechercher du côté de Bunuel et de Pasolini (celui de "La ricotta" plutôt que de l"Evangile selon St Matthieu") ou des premières comédies de Dino Risi. Tous les rôles sont tenus par des hommes, car "la présence de la femme représenterait une contradiction, l’illusion de revenir à la vie" et l’amour, une futilité "parce qu’il t’empêche de te préparer à la mort".
L’image vidéo, et un noir et blanc brûlé, contribuent au dépouillement recherché tant pour filmer Palerme que pour peindre la condition humaine, l’agonie d’une époque et la fin des utopies. Une humanité de déshérités, d’obsédés sexuels, d’affreux, sales et méchants ne demande qu’à prendre la place qui lui revient.
En 2009, à propos du "Christ en érection" de Federico Solmi, le procureur Piro, agressif, déclara au moment du procès "qu’avec Toto qui vécut deux fois c’était différent", que nous étions en présence "d’une œuvre d’art"...
Francis Dubois

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