Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Savina Dellicour (Belgique)

"Tous les chats sont gris" Sortie en salles le 15 juin 2016.

Paul, la quarantaine passée est détective privé. Dorothy a seize ans. Elle vit avec sa mère et elle est en pleine crise d’adolescence.

Ils ne se sont jamais rencontrés mais Paul sait qu’il est le père biologique de Dorothy.

Il a vécu toutes ces années loin d’elle avec ce secret et s’est accommodé de son silence, qui l’a protégé, et de sa lâcheté.

Pourtant, de retour à Bruxelles, il se met à observer à distance l’adolescente et des élans de paternité le saisissent.

Tout va basculer lorsque Dorothy, apprenant par hasard que l’homme qu’elle a vu prendre des photos est un détective, sonne à sa porte et lui demande de l’aider à retrouver son père biologique.

Cinéma : toue les chats sont gris

Le film repose sur les compositions de Bouli Lanners et la jeune interprète de Dorothy, Marion Capelle, une comédienne dont c’est la première apparition à l’écran.

Et même si le tracé narratif du récit n’est pas d’une grande originalité, l’approche l’un vers l’autre progressive, prudente et craintive des deux personnages, déclenche une sorte de léger suspense.

S’ils sont bourrés de tendresse et si la situation les plonge dans un désarroi latent qui les rend, chacun à sa façon, vulnérables et attachants, ils sont à la fois dans l’attente et dans la crainte de l’engagement.

Savina Dellicourt met ses deux protagonistes en situation de porte-à-faux l’un par rapport à l’autre (l’un sait et l’autre ignore) et le déroulement du récit joue sur ce déséquilibre.

Le personnage de la mère sert de balancier en se situant dans la position de celle qui résiste et qui crée le conflit.

La délicatesse avec laquelle la réalisatrice conduit le récit tient à distance les personnages et les situations des dangers de l’angélisme et du cliché, et la force du film réside dans le fait que le rapprochement de Paul et Dorothy ne s’effectue pas comme une obligation qui serait dictée par la loi du sang, mais comme un choix.

Les sentiments qui lient les deux personnages naissent à la fois du désir de Paul de gagner la confiance de Dorothy, de l’apprivoiser et de la sympathie doublée d’admiration que Dorothy éprouve pour Paul en qui elle a vu dès leur première rencontre, l’image du père idéal.

Un film tendre et bourru à qui on pardonnera quelques faiblesses de scénario.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • "Les âmes mortes"
    Dans la province du Gansu, dans le nord-est de la Chine, ont été découverts de nombreux ossements de prisonniers morts de faim, il y a plus de soixante ans. Ces ossements gisent aujourd’hui dans le... Lire la suite (21 octobre)
  • « Sans jamais le dire »
    Lena est une jeune fille de dix-sept ans qui n’a d’autre aspiration que celle de mordre à pleines dents dans la vie. Le désir la tenaille et quoique impatiente, elle attend le moment propice pour se... Lire la suite (15 octobre)
  • « Capharnaum »
    Face au tribunal où il est présenté pour la tentative de meurtre contre l’homme de quarante ans qui a épousé dans l’intérêt de sa famille, sa sœur de treize ans, morte en couches pour grossesse prématurée,... Lire la suite (14 octobre)
  • « L’amour flou »
    Ce n’est pas que Romane et Philippe ne s’aiment plus. c’est qu’ils ne sont plus amoureux. D’autres se contenteraient d’un amour qui s’est essoufflé et continueraient de faire avec. Mais pas eux car ils... Lire la suite (9 octobre)
  • « Lindy Lou, jurée N°2 »
    Vingt ans plus tôt, Lindy Lou a été désignée pour faire parti du jury d’un procès. Ils s’agissait d’un double crime et elle a voté en son âme et conscience pour la peine de mort. Mais au fur et à mesure des... Lire la suite (9 octobre)