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Un film de Pablo Rosenblatt et Emilie Desjardins (France).

"Tout va bien" Sortie en salles le 19 février 2014.

Dix jeunes femmes et quatre garçons suivent des cours dans une école de clown où ils sont accompagnés, en alternance, par différents professeurs aux méthodes contrastées.

Ils ont choisi de prendre un tournant dans leur vie.

La voie pour laquelle ils ont opté est une voie risquée, à contre-courant d’une société fondée sur la performance et l’esprit de compétition.

Chacun d’eux, aux cours de ces deux années d’apprentissage, sera allé à "la recherche de son clown" semblant avoir mis de côté une réalité contemporaine qui ne prend en compte que notre utilité socio-économique.

Avec eux, au fil des rencontres, on découvre les contours de cet art populaire vivant, sans doute nécessaire mais difficile, celui d’apprendre à faire rire.

"Tout va bien" n’est pas un documentaire d’investigation politique et moins encore une quête sur l’économie. C’est, au jour le jour, une suite de témoignages où l’inquiétude de la prochaine improvisation se dispute à un enthousiasme à toute épreuve, qui est le moteur même de cet apprentissage éprouvant, voire parfois douloureux.

Aux moments de satisfaction font suite ceux de déception et de découragement et la force du film est dans le chemin semé d’obstacles qu’ont choisi de parcourir ces quatorze jeunes gens, dans une détermination coûte que coûte, dans l’aveuglement nécessaire pour poursuivre dans l’humilité et l’épreuve.

La force du film est là, mais aussi sa faiblesse quand il devient évident que l’acharnement dont font preuve les protagonistes parait tout à coup vain, une cause perdue d’avance.

Il suffit d’un ratage au cours d’une improvisation, pour que tout soit remis en question.

Le spectateur du film est mis à rude épreuve. De sa simple fonction d’observateur, il passe insensiblement à un rôle de juré face à une sorte de procès. Sa position le met en état de s’interroger à un moment ou à un autre sur le devenir de ces jeunes gens qui ne sont, d’évidence, pas tous "logés à la même enseigne".

L’apprentissage, l’approfondissement d’une technique, suffiront-t-ils à faire de ces garçons et de ces filles, des amuseurs de piste ?

N’y aurait-t-il pas dans ce domaine, plus encore que dans tout autre, un sens inné de cet art, des prédispositions qui serviraient de base à l’aventure et sans l’avantage desquels la cause serait perdue d’avance ?

Ici, plus qu’ailleurs, la présence, le sens du geste, de la mimique, le charisme semblent être nécessaires pour que la démarche, le choix de départ se justifient.

En cela, "Tout va bien" est un film cruel dont on ne saurait dire si le but est de mettre en garde ou de monter en épingle un art qui semble renaître et se réaffirmer à force de recherche.

Francis Dubois

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