Réformes de l’orientation

Transfert des DRONISEP : 200 postes pour les régions !

D Lacroix IGAENR a été chargé de produire un rapport pour désigner les services ou parties de service qui devraient être transférés en application de l’article 18 de la loi pour LCAP (ou loi de libéralisation du champ de l’orientation scolaire). Depuis l’été le SNES-FSU tente d’obtenir communication de ce rapport. Celui-ci a été diffusé eux personnels de l’ONISEP vendredi 28 septembre, après le discours du 1er Ministre.

Comme l’avait annoncé l’étude d’impact en avril 2018, ce sont bien 200 ETP que le gouvernement a l’intention de transférer aux régions ! Il ne resterait plus que 90 à 95 personnels au niveau des académies. Pourtant le rapport Lacroix pointe un certain nombre de risques à se défaire d’un trop grand nombre d’emplois. Tout d’abord il souligne la difficulté à estimer précisément les conséquences des différents scénarios « en l’absence de données suffisamment robustes et des attributions évolutives de l’office ». « 200 ETP décentralisés et 63 ETP dévolus à l’ONISEP en incluant l’activité ressources documentaires quelque soit son organisation, altérerait significativement les missions à destination nationale, réalisées actuellement en délégation régionale et nombre d’entre elles devront s’arrêter. » On voit mal comment la conservation de 95ETP supplémentaires au lieu des 63 initialement prévus, ferait disparaître ce risque !
Le rapport évoque 3 scénarios possibles sur l’organisation de l’office :

  • Une conservation du fonctionnement actuel avec alimentation de la base de données par les personnels relevant des DRO (mais qui seraient transférés),
  • un rapatriement de toute la collecte des données à Lognes, obligeant ainsi les personnels des DRO à subir une mobilité forcée,
  • une décentralisation totale qui confierait la collecte des informations pour la base de données et l’activité documentaire aux régions.

Le rapport ne se prononce pas sur le choix de l’un de ces 3 scénarios.

On voit bien que la préoccupation du MEN est uniquement centrée sur l’alimentation de la base de données IDEO sur la formation initiale. Or, dans le cadre de la disparition des ressources financières dues au conventionnement de l’ONISEP avec les Régions (moins 1 million d’euros), que vont devenir la rédaction des guides, des collections comme Parcours ?
Que va devenir l’accompagnement pédagogique en direction des EPLE ? La cour des comptes est plus explicite puisqu’elle préconise de « mettre rapidement un terme à toute publication, tant écrite que numérique, qui pourrait faire double emploi et que ces deux organismes s’appuient sur les travaux de l’ANPE en matière de collecte d’informations sur les métiers ».

A qui vont profiter ces mesures si ce n’est aux éditeurs privés ?

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