Communiqués de l’intersyndicale

Transfert du CNDP : Pas de médiateur sans gel ! Communiqué n° 46

Intersyndicale du réseau CNDP/CRDP [SCÉRÉN]
29, rue d’Ulm - 75230 Paris Cedex 05
intersyndicale@cndp.fr - www.nodeloc.net
Le 14 juin 2004

Communiqué n° 46

Transfert du CNDP : Pas de médiateur sans gel !

Enfin une perspective s’ouvre !

Depuis la première entrevue, le 10 mai, entre l’intersyndicale du CNDP et Serge Thévenet, conseiller de François Fillon chargé de la coordination du pôle scolaire « encadrement, établissements publics nationaux », l’impasse était totale : aucune de nos demandes pour débloquer la situation du CNDP n’avait été prise en compte (voir notre communiqué n° 41). Si le contact avec le ministère, rompu fin 2003, avait été renoué ce jour-là, aucune avancée n’avait pu être notée : le cabinet du ministre campait sur les positions gouvernementales intransigeantes de mise depuis si longtemps.
Or, l’intersyndicale et les personnels du CNDP n’ont une fois de plus pas baissé les bras suite à ce refus. Ils n’ont pas renoncé à faire prendre conscience au nouveau ministre et à son cabinet de la gravité, de l’urgence et du caractère explosif de la situation interne dans l’établissement, sur le point d’être saigné d’une bonne part de ses forces vives et de voir ses activités, notamment numériques, compromises et interrompues. Avec le soutien décisif des élus du comité de suivi et des responsables de fédérations syndicales, se sont multipliés depuis le 1er juin les gestes, interventions et prises de parole - en particulier :
- la question orale d’Hélène Luc au Sénat le 1er juin - la vingtaine de collègues du CNDP présents ont pu dialoguer avec François d’Aubert, qui représentait François Fillon et a semblé ébranlé par les quelques faits et arguments avancés ;
- l’assemblée générale des personnels du CNDP le 3 juin, qui a adopté une motion récapitulant très clairement six demandes liées logiquement entre elles et permettant une sortie de crise : « la nomination d’un médiateur (solution également préconisée par les cadres du comité de direction) ; le gel de la 2e tranche ; la réunion rapide du comité national de pilotage pour la délocalisation du CNDP, chargé du bilan régulier du reclassement et convoqué une seule fois le... 5 novembre dernier ; le respect des instances de dialogue social, notamment des CTP ; l’ouverture de véritables négociations concernant tous les aspects de la délocalisation du CNDP et de ses conséquences ; la mise au clair du plan d’accompagnement des personnels avec ses modifications successives et les ajouts nécessaires » (voir notre communiqué n° 45) ;
- les communiqués de presse quotidiens de l’intersyndicale du 1er au 4 juin ;
- le 8 juin, l’action symbolique des personnels dans les locaux du CNDP rue Gabriel-Péri à Montrouge pour protester contre la préparation du déménagement à Chasseneuil de la plate-forme des serveurs numériques ;
- le rendez-vous le 9 juin, à leur demande, de trois des principaux dirigeants de la FSU avec le cabinet de François Fillon (Jean-Paul Faugère, Marie-Jeanne Philippe, Serge Thévenet) ;
- le même jour, le « die-in » de personnels du CNDP devant la librairie nationale de l’éducation rue du Four, avec comme slogan : « Raffarin m’a tuer »... ; c’est au cours de cette action pacifique que le cabinet du ministre a enfin envoyé un signe en dépêchant sur place la secrétaire générale et la DRH du CNDP - il faut dire qu’Alain Coulon, parti pour une réunion au CRDP d’Alsace le mardi matin, n’avait toujours pas réapparu à son bureau : il n’est rentré que le jeudi ! -, afin de proposer à l’intersyndicale un rendez-vous au ministère ;
- la conférence de presse de l’intersyndicale au Sénat, le lendemain, sur l’invitation d’Hélène Luc et avec la participation de Lyne Cohen-Solal et de Francine Bavay ; les personnels du CNDP, qui s’étaient ensuite retrouvés devant le palais du Luxembourg, se sont déplacés jusqu’à l’hôtel Matignon afin de demander qu’une délégation soit reçue par Michel Roger, le conseiller éducation du Premier ministre et qui, depuis décembre 2002, pilote en direct la délocalisation du CNDP : pour seule réponse, malgré notre insistance nous n’avons obtenu qu’un... numéro de fax - côté Matignon, l’immobilisme demeure ; les personnels sont ensuite allés rue de Grenelle demander au cabinet du ministre le jour et l’heure de l’entrevue annoncée la veille : cette fois, ils ont obtenu une réponse précise, la date étant fixée au vendredi 11 à 17 h 30.
Six représentants de l’intersyndicale ont donc rencontré Serge Thévenet vendredi soir, durant plus d’une heure. D’emblée, le conseiller du ministre a déclaré que satisfaction était donnée à la première et à la troisième demande des personnels du CNDP : oui à la nomination, en cours, d’un médiateur missionné « pour examiner les conditions de mise en œuvre de la délocalisation » ; oui également à la réunion du comité national de pilotage de la délocalisation du CNDP, laissé en déshérence depuis sa création. En revanche, malgré tous les arguments présentés sur la contradiction logique évidente entre le fait de nommer un médiateur - qui a besoin de temps et de distance pour prendre connaissance de tous les tenants et aboutissants du dossier, rencontrer toutes les parties prenantes concernées et formuler des conclusions - et de ne pas décréter simultanément un gel de fait des actions concrètes de transfert en cours et de la fermeture du site de la rue des Irlandais, Serge Thévenet n’a pas accordé une telle suspension du processus. Ce qui risque de placer très rapidement le médiateur, dont le nom devrait être connu au début de cette semaine, en porte-à-faux et de limiter à l’extrême sa liberté de réflexion. Et ce qui, loin de rassurer les personnels concernés par la 1re et la 2e « tranches », les mettra dans une situation d’incertitude vite intenable.
Une nouvelle rencontre avec Serge Thévenet devrait intervenir en fin de semaine et la question du « gel » se reposera forcément, rendue encore plus aiguë chaque jour passant.
Aussi la semaine du 14 au 18 juin sera-t-elle un moment de mobilisation des personnels du CNDP essentiel pour que ce premier pas du ministère de l’éducation nationale aille au bout de la logique amorcée et tire les conséquences du réalisme qui semble enfin s’imposer à l’autorité de tutelle du CNDP. C’est de toute façon avec la plus grande vigilance que nous constatons ce premier geste et nous ferons tout pour qu’il ne s’agisse pas d’un faux-semblant, d’une ouverture en trompe-l’œil.
Quant à Alain Coulon, autant il s’était vu à deux reprises renouveler la confiance du cabinet lors de la première entrevue avec Serge Thévenet le 10 mai, à laquelle il assistait, autant vendredi, alors qu’il n’avait pas été convié à la réunion par le cabinet, il n’a été nullement question du degré de confiance que lui accorde désormais le ministère. Un silence éloquent qui résonne forcément comme un désaveu. A. Coulon n’avait-il pas expliqué en long et en large, à son arrivée à la tête du CNDP, qu’il était venu pour débloquer la situation ? Ne s’était-il pas depuis autoproclamé médiateur auprès de plusieurs journalistes ? En fait, il a tout verrouillé, poussé au paroxysme la crise sociale de l’établissement et s’est ainsi peu à peu discrédité auprès de ses personnels, puis de ses cadres, aujourd’hui du ministère lui-même. À lui de tirer les conclusions qui s’imposent.

Autres articles de la rubrique Communiqués de l’intersyndicale