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Un film de So Yong Kim (Corée du Sud)

"Treeless Mountain" Sortie en salles le 30 décembre

Jin est une petite fille de six ans. Elle vit avec sa mère et sa sœur à Séoul. Son père a quitté la maison laissant sa famille dans une situation précaire. Quand la mère décide de partir à la recherche de son mari, elle confie ses deux enfants à une tante. Les fillettes plus ou moins livrées à elles mêmes deviennent vite une charge pour cette femme seule dont la vie n’est pas facile non plus. Elle finit par s’en débarrasser. Elle confie alors Jin et Bin à leurs grands parents maternels qui vivent à la campagne. Là, une complicité s’établit entre les deux fillettes et une grand’mère qui les initie aux rites de la vie rustique.
Le premier film de So Yong Kim "In between days" est inédit en France. "Treeless mountain", qui est sa seconde réalisation, est un regard à la fois terriblement lucide et infiniment sensible sur l’enfance, sur l’adaptation des jeunes enfants aux situations les plus nouvelles pour eux, les plus imprévisibles.
Les deux fillettes qui souffrent des conditions de vie dans la maison de leur tante et pour qui, l’absence de la mère est une souffrance, se fabriquent un objectif. En partant, la mère leur a confié une tire-lire et leur a promis que lorsque celle-ci serait pleine, elle serait de retour. Elles se lancent alors dans un petit commerce de sauterelles grillées mais, malgré des gains quotidiens, la tire-lire est longue à se remplir. Elles ont alors l’idée de troquer les grosses pièces contre de la petite monnaie pour gonfler le volume de leur pécule. Et lorsque la tire-lire est enfin pleine, elles se postent quotidiennement à l’arrêt du bus pour y attendre leur mère.
Ni l’une ni l’autre n’est sans doute dupe mais chacune s’efforce de croire à ce rapport de cause à effet. Il y a, à chaque fois qu’elles reviennent seules, un mélange de résignation et d’espoir que la prochaine fois sera la bonne.
Le film de So Yong Kim saisit l’enfance à mi-chemin entre ce qu’elle a de force et de vulnérabilité, de détermination et de doute. Peu de dialogues mais une façon très singulière de capter les regards, de saisir les attitudes, les gestes, de capter les signes de complicité souvent silencieuse entre les deux sœurs. Rarement l’une et l’autre ne cèdent au découragement ou au désespoir et dans la seconde partie du film, on assiste de la part des deux enfants à une responsabilisation dans leur comportement face au grand âge et à l’usure de leurs aïeuls.
"Treeless Mountain" est un film magnifique, une oeuvre rare, d’une grande pudeur. C’est un récit passionnant, émouvant mais jamais larmoyant qui bénéficie d’un bout à l’autre de la belle énergie communicative des deux enfants…
Francis Dubois

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