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Un film de Michael Winterbottom (Grande-Bretagne)

"Trishna" Sortie en salles le 13 juin 2012

Jay est un jeune homme riche et oisif. Au cours d’une joyeuse virée touristique avec des amis à travers le Rajasthan, sa route croise celle de Trishna, une jeune paysanne qui travaille dur au chargement quotidien de la camionnette de son père. Charmé par la grande beauté et la modestie de la jeune fille, Jay lui offre de travailler comme serveuse dans un hôtel de luxe appartenant à sa famille.

Elle accepte et les deux jeunes gens se lancent bientôt dans une passion amoureuse dévorante. Mais confrontée à la grande ville et aux amis intellectuels de son amant, Trishna prend toute la mesure de ce qui les sépare.

Après une absence liée à une grossesse à laquelle il a décidé de mettre un terme, elle reprend ses fonctions dans l’hôtel de luxe où dorénavant, personne ne devra savoir qu’elle est la maitresse de Jay, devenu à la suite de la maladie de son père, directeur de tout un réseau hôtelier.

Toujours amoureuse et soumise, Trishna va devoir devenir la maîtresse clandestine de Jay qui la soumet aux pratiques dictées par le Kamasoutra.

Dans "Tess" de Thomas Hardy dont s’inspire le film de Michael Winterbottom, Alec d’Uberville est le fils du propriétaire d’une usine du nord de l’Angleterre qui, installé dans un vieux manoir, se donne des airs d’aristocrate.

Ici, le personnage de Jay, s’il est proche dans les grandes lignes de celui d’Alec, n’est aucunement un dandy indifférent ou méprisant. C’est un dilettante charmeur, attachant et charismatique. Il est le représentant sans débordement excessif d’une jeunesse dorée vouée à l’oisiveté, opposé au personnage de Trishna qui, à l’inverse, doit non seulement s’occuper d’elle-même mais aussi, prendre en charge sa famille.

L’amour que Jay porte à la jeune fille, dont l’authenticité ne fait pas de doute, s’adresse à un personnage aux sentiments tout aussi sincères mais qui, de par son origine sociale inférieure, a hérité d’une vraie culture de la soumission.

Le personnage de Trishna est contenu dans sa façon de se plier à tout ce qu’on exige d’elle, que ce soit de la part de l’autorité paternelle ou des exigences de son amant.

La caméra de Michael Winterbottom semble aimer les personnages et l’histoire d’amour qui les unit. Elle les enveloppe d’une douceur qui ne trompe pas, sait saisir tant chez l’un que chez l’autre, ce qu’il a de tendre dans le plaisir des étreintes, ce qu’il y a de doux et complice, jusque dans la perversité.

Le réalisateur filme les personnages de Jay et de Thishna, comme il regarde vivre une ville grouillante, des paysans ou des ouvriers au travail.

Comme dans la relation amoureuse, un échange de regards suffit à exprimer l’essentiel, la ville ou la campagne semblent surprise dans l’intimité de leurs activités quotidiennes.

" Trishna" est la vraie bonne surprise de cette fin de saison cinématographique. C’est à la fois le traitement d’une histoire résolument moderne et un film qui n’oublie rien de la tradition des productions indiennes avec ses costumes colorés, ses chansons et des duos romantiques.

Francis Dubois

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