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Un film de Haim Tabakman (Israël)

"Tu n’aimeras point" Sortie en salles le 2 septembre

Aaron appartient à la communauté juive orthodoxe de Jérusalem. Il tient une boucherie casher et passe pour un homme irréprochable, bon mari et père exemplaire. Un jour, entre dans sa boutique, Erzi, un étudiant désemparé. Le charme du jeune homme agit immédiatement sur Aaron et les deux hommes, cédant à une attirance mutuelle, ne tardent pas à devenir amants. Montré du doigt par son entourage et par la communauté, Aaron, mis au pied du mur, doit faire un choix…
Ce film serait courageux, généreux et exemplaire s’il ne fonctionnait dès les premières images sur un malentendu : dans le monde ultra orthodoxe, il est connu que l’homosexualité n’existe pas, qu’elle est totalement niée. Partant de là, se pose la question de savoir comment un de ses représentants des plus engagés, des plus intègres pourrait, sans perdre toute vraisemblance, céder dès le premier regard à un trouble coupable et bafouer aussi facilement une des règles premières de la communauté.
SNES_TuNAimerasPoint Les convictions religieuses extrêmes, le poids du rituel, l’engagement dans des valeurs comme le total respect de la famille seraient autant d’obstacles dans pareil cas. Le film aurait gagné à traiter les difficultés à vivre une attirance homosexuelle pour un religieux, plutôt que de traiter les effets d’une liaison coupable consommée face à une société barricadée dans des convictions basées sur l’intolérance.
Faut-il, comme le préconise Haim Tabakman, le réalisateur, voir "Tu n’aimeras point" comme un film de science fiction. Mais à travers ce prisme, le film ne convainc pas non plus puisque le choix du récit se porte sur une description minutieuse et réaliste du contexte humain et social où chaque geste a pour but de contribuer à l’œuvre divine.
Reste la peinture de cette société singulière, de ce quotidien voué à la prière et à des comportements irréprochables, à l’étroit respect des règles. Mais au regard de tout cela, l’audace dont fait preuve Haim Tabakman en multipliant tout au long du récit, les scènes témoins de l’amour voluptueux et sincère que se portent les deux protagonistes, semble appartenir à un autre film, voire une vision fantasmée des prolongements de cette rencontre.
Le sujet au lieu d’être audacieux aurait dû être traité de façon moins frontale, plus nuancée et les personnages annexes, celui du rabbin ou celui de l’épouse qui sont les plus réussis, en échappant au stéréotype auraient gagné en crédibilité.
Il reste que, si on accepte le postulat selon lequel le coup de foudre amoureux peut faire voler toutes les barrières, même dans le milieu ultra orthodoxe, le film ne manque ni de courage ni de sensibilité.
Francis Dubois

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