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Un film d’Alejandro Fernandes Almendras (Chili)

"Tuer un homme" Sortie en salles le 1° octobre 2014.

Jorge est un brave homme qui travaille dur pour faire vivre sa famille.

Une nuit, sur le chemin qui le ramène à sa maison, il se fait insulter par une bande de jeunes désœuvrés qui ont un ancien délinquant du quartier à leur tête.

L’incident se renouvelle les jours suivants. Le fils de Jorge est pris à partie et bientôt, c’est toute la famille qui est menacée.

La crainte gagne chacun et le quotidien devient un véritable enfer. Comment, pour Jorge, sortir de cette spirale ?

Cinéma "tuer un homme"

Le premier long métrage d’Alejandro Fernandes Almendras " Huacho " était sélectionné à la Semaine de la critique-Cannes 2009.

"Près du feu", son deuxième film date de 2011.

" Tuer un homme ", son troisième, qui a remporté de Grand Prix au Festival de Sundance et le Prix de la Presse au Festival de Rotterdam est inspiré d’un fait divers qui après jugement, s’est soldé par une condamnation de vingt ans de prison pour l’homme harcelé, devenu malgré lui un criminel…

Le fait que le film soit inspiré de faits authentiques, que le récit soit traité de façon linéaire aurait pu faire de " Tuer un homme", une réalisation de facture réaliste.

Mais même si la plupart des comédiens sont des non-professionnels et les dialogues naturels, le film, parce qu’il bénéficie d’une mise en scène ciselée et de plans souvent composés comme des tableaux, échappe au naturalisme.

"Tuer un homme" est dans la tragédie et son titre qui livre en trois mots l’essentiel du récit, annule tout suspense.

Là n’est pas le propos du film dont le récit flirte avec de nombreux genres cinématographiques mais qui garde de bout en bout, toute sa singularité.

C’est une sorte de western tragique mais c’est aussi et surtout le voyage personnel d’un être ordinaire que rien ne prédisposait au crime qui devient, par la force des choses, un assassin et qui rentre dans un schéma, bascule dans un domaine où il n’a pas sa place : tuer mais aussi, faire disparaître le corps de la victime, vivre au quotidien avec le poids de la culpabilité et d’un acte qui le dépasse.

L’extraordinaire, le volume de l’acte criminel, à la fois transforme le père de famille, mais à la fois le renvoie à son état d’être ordinaire.

Alejando Fernandes Almendras ne force jamais le trait, insiste si peu sur le tragique qu’il laisse Jorge, malgré la bascule du crime, dans une sorte de neutralité rythmée par le quotidien ordinaire.

Une œuvre personnelle, un cinéma qui ne rend de compte à aucun genre, aucune influence.

Francis Dubois

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