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Un film de Jannicke Systad Jacobsen (Norvège)

"Turn me on" Sortie en salles le 18 janvier 2012

Alma va avoir seize ans. Elle vit avec sa mère dans une maison isolée, à proximité d’un petit village, dans la région des fjords, en Norvège. Avec ses amies, elle boit des bières en cachette, fume des joints et une fois seule, fait appel à une hotline pour satisfaire des besoins d’amour et de sexe qui la tenaillent.

Mais sa tendance à fantasmer la mène à mêler les faits réels à ceux qui ne sont que le produit de son imagination débridée.

Lorsqu’elle s’est retrouvée en tête à tête avec Arthur devant la Maison des Jeunes, un soir, celui-ci qui sert souvent de support à ses évasions érotiques, lui a-t-il réellement montré son sexe ou bien a-t-elle inventé l’histoire de toutes pièces ?

Elle commet l’erreur de raconter la scène à ses amies. Dès lors l’anecdote qui s’est répandue comme une trainée de poudre, non seulement l’isole des autres qui la mettent en quarantaine, mais font d’elle l’objet de moqueries appuyées..

La situation semble bloquée à moins que ses sentiments pour Arthur ne soient sincères et qu’alors, ils ne soient payés de retour…

Le pré-générique donne d’entrée le ton du film. Y sont cités, photographies fixes à l’appui, quelques lieux, personnages annexes ou éléments d’atmosphère qu’on reconnaîtra ça et là, au cours du récit. Un tronçon de route déserte avec ou sans tracteur, un paysage de montagne, une maison isolée avec antenne parabolique, quelques moutons égarés, deux gamines jouant sur un trampoline…

D’entrée, les personnages sont livrés au récit sans détour. On sait qu’Alma, jeune fille blonde et lisse se livre régulièrement à l’onanisme sans culpabiliser, que ses amies quoique vulnérables, ne renoncent pas à leurs penchants et vont de l’avant, que l’ennui qui découle de l’isolement géographique du lieu décuple leur désir de transgresser les règles de la morale.

On rêve d’Oslo, la grande ville et on imagine que la vie dans la capitale conviendrait mieux à des adolescents que cette petite agglomération où tout se sait, où les voisins notent, postés à leurs fenêtres, sur des calepins, les allées et venues de chacun et vont jusqu’à anticiper sur les destinations de chaque déplacement,.

Le film de Jannicke Systad Jacobsen est tiré d’un roman de Olaug Nilssen dont la parution en 2005 avait provoqué un tollé en Norvège à cause de son style direct et cru.

Et même s’il dépeint sans détour la sexualité tourmentée d’une adolescente précoce, il limite les scènes de masturbation et celles des fantasmes. En plus d’un récit d’une grande sobriété où chaque séquence n’a que son utilité, la construction "géométrique" du film, la rigueur des dialogues, le mettent à l’abri des facilités auxquelles le sujet pouvait se prêter.

Les quatre jeunes comédiens qui apparaissent dans "Turn me on !" ne sont pas des professionnels. Leur jeu sans effet ajoute à la tonalité générale d’un film dont le traitement radical est d’une grande efficacité.

 

Francis Dubois

 

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