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Un film de Hans-Christian Schmid (Allemagne)

"Un Week-end en famille" Sortie en salles le 30 janvier 2013

Marko, écrivain trentenaire, vit à Berlin et ne rend plus très souvent visite à ses parents qui vivent près de Bonn.

Invité par eux, il fait le déplacement avec son fils de 5-6 ans et retrouve du même coup son frère Jakob accompagné de sa fiancée, son père Günter sur le point de liquider sa maison d’édition et sa mère qui, bien que d’apparence resplendissante, souffre depuis trente ans de dépression chronique.

Celle-ci annonce officiellement à la famille réunie qu’elle a pris la décision de cesser son traitement thérapeutique.

Une nouvelle qui va perturber l’équilibre familial puis mettre tout le monde sur la brèche, quand en fin de week-end, elle va demeurer introuvable.

Partant de simples retrouvailles familiales, Hans-Christian Schmidt va nous entraîner d’une révélation à l’autre, de façon presque feutrée, jusqu’au drame, jusqu’à la dislocation qu’on croirait irrémédiable mais de laquelle renaîtra de ses cendres une nouvelle sérénité.

De la même façon qu’il gomme les symptômes de la maladie de la mère, il ne dramatise aucun des faits qui vont petit à petit ronger un équilibre familial bourgeois que rien ne semblait menacer vraiment.

La crise conjugale que traverse le couple de Marko est à peine effleurée, comme le sont les difficultés de Jakob à attirer une clientèle suffisante vers son cabinet dentaire pour qu’il ne soit pas déficitaire, comme est évoquée la liquidation de la maison d’édition dirigée par Günter.

C’est lorsque la mère disparaît que le véritable état de chaque personnage se révèle.

La mère a-t-elle disparu à la suite d’une maladresse verbale de l’un des fils ou parce que Günter, qui doit faire un déplacement à Berlin pour la promotion d’un livre, ne semble pas tenir à ce que sa femme l’accompagne ?

Ou parce qu’elle était au courant de la liaison de son mari avec Suzanne, une jeune femme qui fait son apparition dans le feu du drame de la disparition ?

Depuis les retrouvailles ordinaires en début de week-end jusqu’aux scènes du déploiement policier à la recherche de Guite dans les bois alentours, on recherche l’événement saillant qui aura fait basculer la situation.

Tout l’art de Hans-Christian Scmidt réside dans la façon presque souterraine de faire évoluer le déroulement de ce week-end, dans sa façon d’associer des séquences fantasmées ou oniriques à la réalité, dans la fluidité de son récit et dans celle de la caméra qui sait saisir, dans les mouvements, les déplacements, les regards, l’annonce du malaise progressif, de cet inconfort où s’enlisent à leur insu, les protagonistes.

L’image est belle et les comédiens magnifiques avec en tête, Lars Eldinger dont le charme un peu lisse du début se charge d’aspérités, de doute, d’une présence presque inquiétante.

Les autres interprètes ne sont pas en reste qui par des subtilités de jeu font naître, puis entretiennent sans le moindre effet, ce doute qui peut-être était apparu dès la première image, sans qu’on ait su le déceler.

Un beau film parfaitement abouti, dont on sort, imprégnés de l’atmosphère et dont on peut découvrir à posteriori, les subtils méandres du récit.

Francis Dubois

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