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Un film de Mia Hanse-Love (France)

"Un amour de jeunesse" Sortie en salles le 6 juillet 2011

Qu’advient-il d’un amour de jeunesse dont la force n’a d’égal que la fragilité à laquelle l’exposent les aléas de la vie, les incertitudes de l’âge précoce et les circonstances souvent contraires ?
Camille a quinze ans quand elle rencontre Sullivan qui, à peine plus âgé qu’elle, a déjà atteint le stade des questionnements essentiels…
A égalité dans la force de la passion, ils ont l’un et l’autre des projets différents. Elle, pense à la vie commune, à un enfant de lui. Lui, moins impatient, prépare un voyage d’une année en Amérique du Sud avec des amis.

© Carole Bethuel

Il s’en va mais les lettres qu’il lui envoie à chaque étape, au contenu amoureux, cessent un beau jour d’arriver dans la boîte aux lettres.
Les études que Camille entreprend la conduisent quelques années plus tard à rencontrer Lorenz, un architecte reconnu, plus âgé qu’elle.
Avec Lorenz, elle connaît une passion qui est tout le contraire de celle qui l’a autrefois liée à Sullivan. Un passion presque sage, presque raisonnable, douce et confortable…
Mais, quand on a la détermination de Camille, se défait-on jamais d’un amour de jeunesse ?

Mia Hansen-Love avait fait l’unanimité de la critique, quand en 2007 fut présenté à Cannes, à
la Quinzaine des réalisateurs, sa première réalisation "Tout est pardonné".
En 2009, son second film, un vibrant hommage au producteur Humbert Balsan, "Le père de mes enfants", sélectionné à Un certain regard confirme le talent de cette jeune réalisatrice.
Pourquoi son troisième film "Un amour de jeunesse", qui sera présenté au prochain Festival de Locarno, sans doute moins abouti, moins personnel que les deux précédents, sort-il en catimini, au tout début de l’été ?
La faiblesse du film qui mériterait cependant l’attention d’un public amateur d’exigence, tient au sujet de départ. Il fallait peut-être, pour décrire la force d’un amour juvénile, puiser ailleurs que dans les promenades campagnardes, les bains dans la rivière et les scènes de chamailles boudeuses. N’aurait-il pas aussi fallu un comédien un peu plus charismatique pour jouer le personnage de Sullivan ?
Les moments se répètent pour une issue prévisible et pour insister sur les visions contrastées que l’un et l’autre des protagonistes ont de l’amour fou.
Dans les épisodes qui constituent la rencontre entre Camille et Lorenz, on retrouve plus le savoir faire de Mila Hansen-Love. Son art de l’ellipse fonctionne ici merveilleusement et la relation qui tarde à survenir, plonge le récit dans une douce impatience qui est aussi celle des protagonistes.
On retrouve, au hasard de tout petits moments saisis sur le vif, la cruauté d’une séparation douloureuse, la force des sentiments persistants, la grisaille du temps lent à passer, les griffures de la solitude, les meurtrissures de la résignation…
Le film est tenu d’un bout à l’autre par la présence de la jeune comédienne Lola Créton qu’on reverra bientôt dans "En ville" de Valérie Mréjen. Elle est parfaite en animal blessé, elle l’est dans l’énergie, elle l’est encore quand il faut se plier aux aléas de la vie.
Lola Créton a le charisme qu’avait Isabelle Huppert à ses début. On lui souhaite au aussi bel avenir professionnel…
Francis Dubois

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