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Un film de Nicole Garcia (France)

"Un beau dimanche" Sortie en salles le 5 février 2014.

Baptiste est instituteur remplaçant dans le sud de la France. De nature solitaire, cette situation d’enseignant itinérant lui convient bien.

A la veille du week-end de Pentecôte, il ramène chez son père, un de ses élèves, Mathias, que personne n’est venu chercher à la sortie de l’école.

Le père ayant d’autres projets, Baptiste propose d’accueillir Mathias chez lui pour la nuit. Le lendemain, il l’amène chez sa mère. Mais l’arrivée de l’enfant tombe mal. C’est le moment où Sandra est confrontée à deux hommes menaçants à qui elle doit une grosse somme d’argent.

Baptiste décide de tirer la jeune femme d’affaire en allant demander la somme qui épongerait la dette à sa famille, qu’il n’a pas revue depuis longtemps.

En compagnie de Sandra et de Mathias, il débarque dans une impressionnante propriété où tout le monde est réuni pour un beau dimanche.

Le secret douloureux qui pèse sur le passé de Mathias une fois dévoilé au cours du repas, va-t-il lui permettre de prendre un nouveau départ ?

La première partie du film met en scène les personnages proches de Mathias. Un père immature qui bricole autour de voitures de luxe et des rallyes automobiles. Une mère serveuse de restaurant qui fait les saisons et caresse le projet de se fixer pour reprendre la garde de son fils.

Un dernier projet ambitieux qui a tourné court l’a dangereusement endettée et livrée aux menaces d’hommes d’affaires douteux.

Dans la seconde partie, on pénètre le milieu d’une grande famille d’industriels en plein rituel bourgeois où Baptiste, en simple instituteur, alors qu’il était promis comme ses frères, à un bel avenir, fait figure de canard boiteux.

Nicole Garcia et Jacques Fieschi sont habiles à peindre le milieu grand bourgeois.

Ils prennent moins de soins quand il s’agit d’approcher le domaine de l’école. Un instituteur qui accueille chez lui pour la nuit un de ses élèves, c’est difficilement concevable.

Un directeur d’école qui propose à un instituteur remplaçant de prendre le CM2 qu’il a décidé d’ouvrir dans son école, pourra en faire sourire plus d’un.

Si la mise en scène de ce " Beau dimanche" est irréprochable ; si la photographie en est soignée, les décors bien choisis et le casting réussi, il n’en reste pas moins qu’un relâchement du scénario, quelques invraisemblances et des articulations du récit hâtives mettent en péril les bonnes intentions de Nicole Garcia et Jacques Fieschi.

Est-ce le contraste entre les deux milieux, trop démonstratif, qui alourdit le récit ?

Est-ce parce qu’à partir du moment où Sandra est admise autour de la table de famille, on est dans le cliché, qu’on assiste à des scènes que le cinéma n’a cessé de rabâcher depuis des décennies ?

Il faut saluer, pour la première fois dans un premier rôle au cinéma, la présence de Pierre Rochefort qui compose un Baptiste dont la détermination et le charisme ne le privent pas d’émotion.

Mais également le retour, après une longue absence des écrans, de la grande Dominique Sanda. Elle est magistrale en représentante du matriarcat grand bourgeois.

Francis Dubois

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