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Un film de Pierre Carles et Philippe Lespinasse (France)

« Un berger et deux perchés à l’Elysée » Sortie en salles le 23 janvier 2019.

L’ancien « berger » Jean Lassalle a décidé de se présenter à l’élection présidentielle de 2017, se mesurant ainsi aux candidats Mélenchon, Macron ou Benoît Hamon.

L’événement de la qualification de Jean Lassalle pour le premier tour a attiré l’attention de Pierre Carles et Philippe Lespinasse, deux réalisateurs documentaristes étiquetés à gauche mais comme beaucoup, un peu perdus politiquement.

Ils contactent le candidat-berger Lassalle et lui proposent de devenir ses conseillers de campagne avec comme objectif de faire la lumière sur la vraie nature de l’homme, sorte de révolutionnaire anti-capitaliste, égaré depuis trente ans dans les rangs des centristes.

Les deux pieds nickelés de la politique et le candidat Lassalle vont se prendre au jeu, endosser chacun son rôle et nous entraîner dans des aventures ludiques avec ce qu’il faut de sérieux et de gravité pour qu’ils finissent par espérer créer la surprise et entrapercevoir une issue victorieuse....

Cinéma : Un berger et deux perchés à l'Elysée

Jean Lassalle est à la fois un vrai personnage de comédie et un candidat politique parfois crédible porté par une véritable volonté de l’emporter.

Il navigue entre fantaisie et charisme, troublant sans cesse les pistes. Il fait de constants pieds de nez à la gravité d’une démarche à laquelle pourtant il croit réellement.

Et ce qui est remarquable dans ce film de Carles et Lespinasse c’est que, pour n’importe quel électeur français, même le moins informé, la candidature de Jean Lassalle était vouée à l’échec alors que lui, semblait y croire.

Jean Lassalle est un homme au langage franc et direct qui bénéficie, grâce à ses origines terriennes associées à une coloration écologiste, d’une sympathie spontanée de la part d’un électorat lassé de la langue de bois des candidats habituels.

Mais Lassalle déroute quand il passe d’un comportement potache, d’une bonhomie populaire à une rencontre contestée avec Bachar El Assad.

Provocation ou avec cette rencontre, la tentative de hisser sa candidature à un niveau international ?

Personnage tour à tour attachant, charismatique ou irritant, c’était une bonne idée de faire un film sur le plus marginal des candidats à la présidence de la République (un film sur Poutou aurait été trop attendu).

Berger ou gentleman-farmer, candidature canular ou projet sérieux, «  Un berger et deux perchés. .. » est en même temps que le portrait d’un candidat marginal haut en couleur, un film sur le déroulement intime d’une campagne présidentielle avec tout ce qu’il faut de distance, de recul pour mieux prendre la mesure du moteur essentiel de ces démarches : le goût du pouvoir.

On rit parfois, on sourit souvent et on se prend au jeu sans savoir vraiment au bout du compte si l’engagement de Jean Lassalle dans la campagne présidentielle était sérieux ou si sa candidature était là pour caricaturer et tourner en ridicule celle des autres candidats.

Un divertissement réjouissant.

Francis Dubois

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