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Un film de Hans Petter Moland (Norvège)

"Un chic type" Sortie en salles le 2 février 2011

Ulrick sort de prison après avoir purgé une peine de douze années. Son intention est de se réinsérer et de prendre un nouveau départ. Il semble avoir assez de candeur et de volonté pour y parvenir.
Chacun y met du sien. Son ancien patron, un peu mafieux, accepte de le reprendre comme mécanicien dans son garage et la logeuse qui l’héberge dans le taudis dont il s’accommode, le trouve à son goût pour satisfaire son solide appétit sexuel.

Dommage que son fils, dont la jeune compagne est enceinte, ne veuille pas imposer au futur bébé un grand père ex-taulard.
Ulrick qui s’est retrouvé en prison pour crime, n’en est pas moins un chic type. C’est un homme vaillant à l’ouvrage, bon ouvrier et qui, d’une façon générale ne rechigne pas à se plier aux exigences des autres. Mais, derrière sa bonhomie, il cache une solide détermination, semble toujours savoir où il met les pieds et se sort toujours avec aisance des situations compliquées où il est allé s’empêtrer, faute de n’avoir su dire non.
Hans Petter Moland a construit à partir du personnage d’Ulrick et des situations qui découlent de sa rencontre avec des êtres ni très malins, ni dans la fleur de l’âge, une comédie singulière, imaginant une série de gags qui surprennent d’autant plus qu’ils surviennent de façon imprévisible et qu’à quelque chose près, ils auraient pu tout autant déboucher sur des scènes dramatiques.
La haute stature de Stellan Skarsgàrd qui joue Ulrick, la force tranquille qui émane de lui, son masque imperturbable quelles que soient les circonstances, ne prédisposent aucunement le personnage au rire et ce sont les personnages annexes, tous minutieusement tracés qui, en se frottant à sa présence monolithique, créent l’incident comique.
Et toute la saveur de cette comédie naît sans doute du contraste qui existe entre un sujet somme toute cruel où interviennent des personnages ingrats, vieillissants et plutôt pathétiques, et son traitement en une comédie où jamais le trait n’est appuyé et où, surtout, chacun garde ce qu’il peut de dignité.
A l’époque de l’exactitude informatique, il reste heureusement l’erreur humaine pour perturber un peu les choses et le personnage d’Ulrick qui les a multipliées tout au long de sa vie nous vient comme une sorte de réconfort, d’exemple rassurant…
Francis Dubois

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