Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

"Réfractaire"

Un film de Nicolas Steil (France) Sortie en salles le 10 novembre


Pendant la seconde guerre mondiale, l’Allemagne nazie annexe le Luxembourg, mettant sa population et notamment les jeunes gens face à un dilemme. S’ils refusent l’enrôlement de force qui les conduirait sur le front russe à combattre les alliés, ils deviennent des "réfractaires", se mettent eux-mêmes en danger et exposent leurs proches à la déportation.
François a vingt ans, un père qui a collaboré avec l’ennemi et l’a inscrit à l’université allemande, une mère dépressive qui s’est réfugiée dans la pratique du piano. Il prend un jour la décision de quitter l’amphi où est enseignée la haine raciale et d’aller rejoindre au fond d’une mine désaffectée un groupe de réfractaires.
L’idée de faire la lumière sur cette page de l’histoire du Luxembourg était une idée louable et sans aucun doute, nécessaire. L’idée de confier le rôle de François au jeune comédien particulièrement doué qu’est Grégoire Leprince Ringuet représentait un atout de plus à mettre à l’actif de ce premier film de Nicolas Steil jusque là producteur à la fois de fictions, de documentaires et de films d’animation.
Les défauts de "Réfractaire", de nombreux clichés, des personnages attendus, une direction d’acteurs parfois relâchée, n’entament pas les valeurs de la démarche initiale, le fait que ce film reste "d’utilité publique" et permette de renvoyer à un nécessaire devoir de mémoire.
Les paysages sont beaux. La mine désaffectée, puisque les scènes qui s’y situent dans le récit ont été tournées sur des lieux authentiques, crée l’atmosphère oppressante de l’enfermement total auquel étaient condamnés les luxembourgeois qui avaient choisi de ne pas se soumettre à l’Allemagne nazie.
On regrette que l’idée maîtresse du film n’ait pas été conduite avec plus de rigueur, un resserrement du récit sur l’essentiel et que le romanesque d’une liaison adultère trop insistante soit venue inutilement alourdir le propos.
Grégoire Leprince Ringuet est une fois de plus très bien. Il est capable par des inventions de jeu, de détourner son personnage des clichés quand ceux-ci le menacent.
Il faut voir "Réfractaire" comme l’illustration d’une page d’histoire méconnue.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • "La Maison jaune"
    Amor Hakkar a quitté les Aurès où il est né en 1958, à l’âge de six mois, pour aller vivre avec sa famille en France, à Besançon. En 2002, à l’occasion du décès de son père, il fait un retour en Algérie.... Lire la suite (Mars 2008)
  • "L’orphelinat"
    Présenté à la Semaine de la critique au dernier festival de Cannes et couronné du Grand Prix au festival de Gérardmer, "L’orphelinat" marque la persistance du cinéma fantastique espagnol. L’échine du... Lire la suite (Mars 2008)
  • "L’heure d’été"
    Voilà un beau film sur la famille, sur les rapports entre frères et sœurs, sur l’éclatement feutré de ce qu’on savait fragile mais qu’on tenait pour définitif. Un beau film léger dans sa forme, dans sa... Lire la suite (Mars 2008)
  • "Coupable"
    Un homme a été assassiné, poignardé avec un couteau de cuisine... Le film commence avec la voix de Michel Onfray, écrivain-philosophe interrogé sur sa vision de l’amour et à propos des courants de... Lire la suite (Février 2008)
  • "Le cahier"
    Autour des trous béants qu’ont laissés, après leur destruction par les Talibans, les statues géantes des Bouddhas, vivent dans des grottes sommaires, des centaines de familles. C’est là que Baktay,... Lire la suite (Février 2008)