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Un film de Mahamat-Saleh Haroun (France-Belgique-Tchad)

"Un homme qui crie" Sortie en salles le 29 septembre

Pour Adam qui approche de la soixantaine, les ennuis commencent le jour où l’hôtel de luxe de N’Djaména, où il est employé comme maître nageur, est racheté par une multinationale chinoise. Du jour au lendemain, il est relégué au rang de garde-barrière et souffre de ce qu’il considère comme une injuste atteinte à sa dignité. Même si c’est son fils Abdel qui lui succède à la piscine.
De plus, le Tchad est en proie à la guerre civile et la rébellion menace le pouvoir. Pour lutter efficacement contre l’insurrection, le gouvernement fait appel à la population pour un "effort de guerre". Adam a deux possibilité, payer son écot mais il n’en a pas les moyens, ou offrir son fils à l’armée.
L’armée tranchera une fois passé l’ultimatum formulé par le chef de quartier et Abdel sera mobilisé de force. Dès lors, la culpabilité d’Adam est immense d’autant plus qu’un jour, se présente à la porte de sa modeste demeure, la fiancée enceinte d’Abdel.

"Un homme qui crie" n’est pas un film de guerre mais un film sur ceux qui en font les frais, la population pauvre qui se débat dans les pires difficultés, sur ceux qui, pris en étau, subissent en plus de l’insécurité au quotidien, la pression d’un pouvoir mis en difficulté par les menaces d’insurrection.
Adam accepte mal un monde en mutation qui lui échappe, un monde où tous ses repères, ses axes de vie se retrouvent tout à coup complètement brouillés. La guerre accélère les changements, dissout le peu d’humanité qui subsistait, renvoie chacun au seul souci de survivre.
Le cri d’Adam, personne ne l’entend pour la bonne raison qu’il n’en pousse aucun, que celui de sa souffrance, il le retient en lui ; et que sa misère matérielle ou morale, n’a en réponse que "le silence de Dieu".
"Il n’y a rien à espérer du ciel" dit Adam à sa femme, qui s’en remet à Dieu quand il prend la mesure de sa lâcheté, lui qui, comme les dirigeants du pays qui livrent le peuple en pâture, a sacrifié son propre fils.
"Un homme qui crie" trace l’itinéraire douloureux d’un homme que sa condition modeste expose à tous les dangers extérieurs mais aussi à ceux qui viennent de lui-même. Pris dans une tourmente guerrière dont les tenants et les aboutissants lui échappent, il n’a pas le recul nécessaire et ne dispose pour y voir plus clair, que des répercussions que la guerre a sur son état d’homme bafoué et son environnement immédiat.
Le film de Mahamat-Saleh Haroun a obtenu le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes.
Francis Dubois

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