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Deux films de Damien Manivel (France)

"Un jeune poète" ; "La dame au chien" Sortie en salles le 29 avril 2015.

Rémi Taffanel, le comédien qui joue le rôle principal dans les deux films de Damien Manivel, a à peine 14 ans quand il interprète l’adolescent convoité par la dame au chien dans le court métrage du même nom.

Sa façon d’être face à l’objectif, son jeu singulier, sa façon de parler si particulière, donnent toute son ambiguïté à cette histoire qui met face à face une dame opulente d’un certain âge et un jeune garçon qui ressent en sa compagnie les premiers signes de désir, au cours d’un après-midi caniculaire propice aux alanguissements.

Cinéma : un jeune poète

Le personnage de l’apprenti poète du "court long métrage" (71’) qui complétera la programmation de la séance, a-t-il à voir avec le personnage de " La dame au chien"  ?

Il a quelques années de plus (il annonce 18 ans), il est en vacances à Sète et il déambule dans la ville à la recherche de l’inspiration qui lui dictera des vers qu’il écrira et qui seront nécessairement inoubliables.

On ne savait rien du lien qui mettait en présence, dans " La dame au chien", l’adolescent et la dame.

On n’en saura pas plus sur les circonstances qui ont amené le jeune poète dans la cité du bord de la Méditerranée.

Puisque c’est l’été, on peut imaginer qu’il y est en vacances.

La grande liberté dont il dispose, ses déambulations nocturnes, laissent supposer qu’il n’a aucune contrainte familiale et qu’il est totalement maître de son temps, que sa seule préoccupation est de

découvrir des endroits propices à l’inspiration et de faire les rencontres qui lui feront trouver la bonne veine poétique.

Sète, c’est le cimetière marin où il prendra ses quartiers, adoptera un banc d’où il pourra embrasser le superbe paysage maritime.

Les ruelles de la vieille ville de nuit comme de jour lui serviront de support pour noircir les pages du petit carnet dont il ne sépare jamais.

Une colline qui surplombe la ville fera l’affaire.

Il y a les lieux évocateurs mais il y a aussi et peut-être surtout les personnes.

Celles dont il va croiser le chemin seront des complices involontaires car le jeune poète va faire feu de tout bois.

Un promeneur qu’il croise mais sans doute plus encore sa rencontre avec Léonor, une vacancière de son âge, ou celle qu’il fera avec un jeune marin pêcheur qui, sans le vouloir, en faisant une lecture désincarnée de ses poèmes lui ouvrira les yeux sur la possible médiocrité de ses vers.

Des deux dames, l’une brune, l’autre blonde qu’il croisera dans un bar-dancing, fera-t-il des muses ou bien, par leurs façons prosaïques, le détourneront-elles de ce qu’il prenait pour une vocation.

Dans le rôle du jeune poète en mal de lyrisme, artiste lunaire en herbe, on retrouve à nouveau Remi Taffanel et là encore, son jeu dramatique singulier fait merveille pour exprimer la candeur, la curiosité, les incertitudes du personnage.

On ne recommandera ni " La dame au chien" ni " Le jeune poète" au spectateur amateur de cinéma d’action.

Mais on le recommandera volontiers aux amateurs de "curiosités" cinématographiques, à tous ceux qui seraient sensibles à la découverte de visages nouveaux et qui prennent plaisir à la peinture par petites touches d’un univers confidentiel.

L’audace ou les hésitations, la fragilité ou la détermination du jeune poète passé au filtre du jeu singulier de Rémi Taffanel nous renvoient aux premières fois où on a vu à l’écran Jean-Pierre Léaud, Pierre Clémenti ou de plus loin, Fabrice Lucchini.

Mais ces comparaisons prestigieuses sont mensongères car Rémi Taffanel ne ressemble qu’à lui-même….

Francis Dubois

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