Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Stan et Edouard Zambeaux (France)

« Un jour ça ira » Sortie en salles le 14 février 2018

Djibi et Ange, deux adolescents offerts à la rue, ont été accueillis à l’Archipel, un centre d’hébergement d’urgence au cœur de Paris.

Cinéma : Un jour, ça ira

Après un premier documentaire écrit à quatre mains, «  Des clés dans la poche » sur des personnes à la rue qui se reconstruisent en Auvergne, les deux réalisateurs prennent connaissance de l’existence de l’Archipel qui, après avoir hébergé l’Institut National de la Propriété Industrielle, est devenu, avec la crise et pendant une période intermédiaire, un canot de sauvetage pour les réfugiés de la rue.

Ce lieu est devenu depuis un bateau-pilote de l’ innovation sociale en inventant une autre manière de prendre en charge les sans domicile.

Bien sûr, cet endroit qui accueille le plus souvent des familles composées d’une mère et de ses enfants n’est pas luxueux ni toujours confortable mais on est cependant loin des centres d’hébergement relégués au bout d’une ligne de métro aléatoire puisque situé en plein centre-ville de sorte que les hébergés ont toute latitude pour faire des démarches administratives et envisager une vie après.

Finalement Eric Piliez et les travailleurs sociaux ont dû rendre les clés du lieu au cours de l’été 2016, pour laisser la place à d’autres, à meilleure destination pour valoriser cette entreprise exceptionnelle qui aurait plus sa place au cœur du 8ème arrondissement de Paris !

Les enfants représentaient la force vive de l’Archipel. Entre tous, les réalisateurs ont choisi deux adolescents, une fille et un garçon, accompagnés chacun d’un de leur parents.

Djibi vit seul avec sa mère et Ange seule avec son père. Ils sont collégiens et pour rester « crédibles » vis à vis des autres élèves tiennent secret leur lieu de vie et disent habiter au 115.

Leur existence chaotique (Je suis un serial déménageur, dit Djibi) les ont pourvus d’une grande maturité mais ils ont pu garder leur part d’enfance et la vie, vue à travers le prise de leur regard, a quelque chose d’inédit.

A l’Archipel, différents ateliers leur étaient proposés. Ils ont choisi un atelier d’écriture et de chant qui les amène à composer des textes de chansons que met simultanément en musique une animatrice musicienne.

Et, en plus de cela, Djibi rédige des articles-témoignages qui vont être incorporés à un article de fond sur le sujet des enfants sans domicile qui sera publié dans «  Libération ».

Pour une fois, on leur donne la parole. Pour une fois, ils ont une voix. Ils ne vont pas seulement témoigner mais réfléchir, soumis qu’ils sont à une parole construite, élaborée, assumée et qui ouvre sur l’introspection.

La publication des articles de Djibi vont lui permettre de se dépasser et d’accéder à une vraie reconnaissance. Et Ange, à travers les chansons, va se sentir écoutée, valorisée.

La voix, l’humour et la réflexion de Djibi portent l’ossature du film tout comme la personnalité plus secrète d’Ange et les séquences finales de «  Un jour ça ira  » atteignent les sommets d’une émotion légitime.

Des films comme ça, il en faut encore et encore. Mais ce qu’il faudrait surtout c’est que ce genre de cinéma touche un public plus large.

Il pourrait permettre à beaucoup d’ouvrir les yeux et d’avoir un avis personnel et nuancé si un sujet qui nous est si bien dicté par les médias...

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Bagdad Station »
    . Bagdad 2006, le jour de l’exécution de Saddam Hussein. Sara pénètre dans la gare centrale de Bagdad déterminée à commettre un attentat suicide au milieu de la foule. Mais c’est sans compter avec sa... Lire la suite (19 février)
  • « La chute de l’empire américain »
    Malgré un doctorat en philosophie, Pierre-Paul Daoust est chauffeur pour une société de livraison. Un jour, il assiste à un hold-up au cours duquel deux des trois malfaiteurs sont abattus,... Lire la suite (18 février)
  • « Les moissonneurs »
    En Afrique du Sud, Free State est le bastion d’une communauté blanche isolée, les Africaners. Au milieu d’une famille de riches éleveurs, catholiques fervents, profondément conservateurs où la force... Lire la suite (17 février)
  • « La liberté »
    Dans la plaine orientale corse, Casabianda est un centre de détention au sein d’un vaste domaine agricole. C’est une prison à ciel ouvert qui n’a rien à voir pour l’essentiel des conditions de vie... Lire la suite (17 février)
  • « Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares »
    En 1941, l’armée roumaine massacre 20 000 juifs à Odessa. De nos jours, une jeune réalisatrice s’attache au projet de monter un spectacle de cet épisode douloureux, par une reconstitution militaire,... Lire la suite (16 février)