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Un film de Paul Negoescu (Roumanie)

"Un mois en Thaïlande" Sortie en salles le 26 juin 2013

En pleins préparatifs des fêtes de fin d’année, alors que son couple a l’air plutôt rayonnant, Radu rompt brutalement avec sa fiancée, Adina. La raison à cette rupture inattendue est peut-être qu’il vient subitement de se remettre en tête Nadia, son ancienne amie qu’il n’a pas revue depuis des mois.

Pour Radu, tout à coup, retrouver Nadia devient une urgence.

Il finit par la rencontrer dans la fébrilité qui accompagne les préparatifs du réveillon. Dans un premier temps, Nadia repousse Radu mais elle finit par céder à son empressement et soudain, cet amour qui semblait avoir été enterré renaît de ses cendres.

Les années 90, période où se situe le récit du film, correspondent à un boom médiatique qui changea la perception de la vie de beaucoup de jeunes de cette époque. Les médias eurent un énorme impact sur l’évolution des mœurs. Les objectifs et les idéaux allaient emprunter d’autres chemins…

Est-ce à ce phénomène de société qu’il faut attribuer l’instabilité qui saisit Radu et l’amène à renoncer à celui tout tracé sur lequel il s’était engagé avec Adina.

Son changement d’attitude brutal, la rapidité avec laquelle il rompt avec une relation de plusieurs mois, son peu de scrupules vis-à-vis de la jeune fille délaissée et de sa famille et l’empressement qu’il montre à renouer avec Nadia peuvent s’expliquer par une soudaine soif de liberté.

On peut tout autant attribuer ce brutal changement au caractère instable d’un personnage hésitant, animé d’un malaise diffus qui lui fait préférer s’engager vers ce qu’il connaît au détriment de ce qui lui est moins familier.

La construction en parallèle du film de Paul Negoesco (ce qui se passait avec Adina se répète systématiquement avec Nadia, jusqu’au projet de vacances en Thaïlande qui, après avoir été

annoncé comme le ciment du couple Radu-Adina, devient celui du couple Radu-Nadia) est une démarche qu’on peut considérer à la fois adroite et efficace, ou à l’inverse d’une désarmante naïveté.

Mais qu’on adopte l’une ou l’autre des options, l’histoire d’un jeune homme hésitant entre deux femmes, dans ce qu’elle a de banal devient très vite fluette, sans grand intérêt et ennuyeuse.

Les tâtonnements amoureux de Radu dont on ne donne jamais les raisons (et que rendent encore plus opaques la rapidité de la rupture et la précipitation des retrouvailles avec l’amoureuse une première fois délaissée) manquent sans doute d’un socle sociétal.

Les comédiens sont plutôt convaincants mais aussi bons qu’ils soient, ils ne peuvent donner une vraie consistance à ce récit dont on ne retiendra que la frénésie avec laquelle la génération des années 90 met les bouchées doubles et se lance dans une débauche touchant aux mœurs, à l’alcool, à la musique et aux fêtes.

Francis Dubois

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