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Un film de Shu Aiello et Catherine Catella (France-Italie)

« Un paese di Calabria » Sortie en salles le 8 février 2017.

Comme beaucoup de villages du sud de l’Italie, Riace a connu un gros exode rural et le village était voué à une extinction certaine, ses habitants n’étant plus que des personnes âgées.

Jusqu’au jour où un bateau transportant deux cents kurdes a échoué sur une plage voisine, des migrants auxquels de habitants sont venus en aide spontanément, relayés par un conseiller municipal de l’opposition.

Petit à petit, de plus en plus de villageois ont vu, dans cet apport nouveau, l’occasion de rouvrir les maisons abandonnées, de les restaurer, de relancer le tourisme, les commerces et de rouvrir les portes de l’école.

Si l’installation des « étrangers » ne s’est pas faite sans heurts, les avantages ayant pris le pas sur les craintes et appréhensions, les nouveaux venus ont pu s’intégrer progressivement à la population de souche.

C’est en écoutant une émission de Daniel Mermet que Shu Aiello et Catherine Catella ont pris connaissance qu’un village pauvre voué à la désertification était en train de revivre grâce à l’arrivée de migrants dans ses murs.

Elles sont parties pour Riace et ont pu constater que, ce qui semblait être une utopie pouvait être une réalité. Riace est apparu alors comme un contre-exemple.

Cinema : un paese di calabria

«  Un paese di Calabria » prouve que contrairement aux idées reçues, à la condition de faire tomber certaines barrières véhiculées par les médias et de réfléchir sur la portée d’expressions faites pour effrayer telles de « Flux de migrants, débarquement, pression migratoire » il est possible de toucher à la générosité naturelle de l’homme.

Car, quel autre sentiment qu’un sursaut spontané de solidarité a pu motiver, au départ de l’aventure en 1998, un conseiller municipal et une poignée d’habitants pour accueillir, plutôt que de les rejeter, les kurdes qui avaient échoué sur la plage ?

Au lieu de la division attendue et en dépit de certaines résistances, s’est créé un mouvement positif à partir duquel s’est créée l’association «  Citta futura » dont le but était de faire reconnaître au plus réticents, le lien évident entre le développement de l’agglomération et la présence des migrants.

Domenico Lucano qui a été élu maire en est à son troisième mandat, le signe d’une adhésion presque unanime de la population au projet dont il est l’initiateur.

Si la mafia exploite la situation et emploie les migrants dans des conditions parfois proches de l’esclavage, Riace et sa municipalité, en se portant partie civile contre ses abus, a pu atteindre l’organisation mafieuse qui s’est méfiée de l’attention médiatique qu’attire le projet de « Citta futura ».

Soutenue par l’État et par la communauté européenne, l’organisation « Citta futura » gère aujourd’hui l’accueil de 400 migrants de 22 nationalités différentes.

Dans l’attente de leurs papiers, les migrants doivent s’inscrire dans un projet de formation professionnelle de 2 ans.

Pendant ce temps, ils perçoivent 32€ d’indemnité par jour qui comprend les frais d’hébergement, de vêtements, l’assistance sociale et juridique, l’école et les soins.

Riace aura accueilli 6000 migrants en 25 ans et le village ressuscité est passé de 900 âmes en 1998 à 2100 en 2016.

Un bel exemple à suivre...Une belle réussite humaine et cinématographique.

Francis Dubois

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