Éditos

Un véritable choix de société

Le tirage au sort infligé aux bacheliers souhaitant intégrer une formation non sélective parce que les capacités d’accueil étaient saturées a suscité un émoi bien légitime et assez consensuel. Les réponses politiques apportées posent question. Le budget de l’Éducation nationale ne permettant pas de créer des places supplémentaires dans ces filières, le gouvernement a choisi de rendre sélectives, de fait, toutes ces formations. Prudent, le gouvernement a néanmoins écarté de son lexique l’idée de sélection mais instaure un système qui créera un certain nombre de barrages. Une réforme du bac est annoncée dans la foulée, qui pourrait renforcer le poids des déterminismes sociaux sous couvert d’une volonté de personnalisation des parcours. Parallèlement, une écoute complaisante est offerte à ceux qui, dans le patronat notamment, ne cessent de dénigrer le système éducatif. Ils cherchent à adapter les contenus de formation aux postes de travail, n’ont aucun souci de la formation du citoyen et, enfin, font fi du développement des capacités d’adaptation aux évolutions de l’emploi. Se dessine ainsi un projet politique qui se donne les apparences du progrès mais qui remet en cause, plus ou moins ouvertement et plus ou moins rapidement, l’objectif d’élévation des qualifications de tous. C’est, de fait, une véritable régression. C’est en ces termes, ceux du choix de société, qu’il nous appartient aujourd’hui de poser le débat. L’ensemble de ces sujets sera au cœur de la journée du 16 novembre à laquelle la FSU s’associe.

Autres articles de la rubrique Éditos

  • Acharnement
    La recherche obsessionnelle de supposés gisements d’économies conduit la Cour des comptes à d’inquiétants rabâchages. Ainsi fin mai, la Cour a-t-elle sorti un rapport déplorant l’augmentation du nombre... Lire la suite (8 juin)
  • Vérité des prix
    Emmanuel Macron surjoue le modernisme tout en appliquant de vieilles recettes libérales, de son côté Jean-Michel Blanquer ne rate aucune occasion pour vanter l’école « du bon vieux temps » tout en... Lire la suite (18 mai)
  • Incontournable grève  !
    «  Une journée de grève isolée ne sert à rien  », «  de toute façon les réformes passeront  »... arguments récurrents donnés par les collègues qui ne font pas grève. Faut-il pour autant se priver de ce mode... Lire la suite (14 mai)
  • Dialogue anti-social
    Dialogue social, discussion, négociation, consultation des organisations syndicales, le gouvernement utilise à dessein différents termes censés avoir la même signification, afin de convaincre... Lire la suite (13 avril)
  • Congrès National 2018
    Dix mois après son élection, le nouveau gouvernement utilise le rejet du système politique traditionnel et spécule sur une opinion publique qui serait lasse des conservatismes. Il développe ainsi... Lire la suite (27 mars)