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Un film de Roger Michell (Royaume-Uni)

"Un week-end à Paris" Sortie en salles le 26 février 2014

Nicks et Meg Burrows viennent fêter leurs trente ans de mariage à Paris, où ils avaient passé leur lune de miel.

Ce sont deux universitaires. Tout, dans leur existence, est loin d’avoir réussi.

Cette promiscuité de chaque instant dans une ville étrangère leur révèle l’humour, la fantaisie, le plaisir dont ils sont encore capables mais également la difficulté d’être ensemble.

A partir d’une trame narrative plutôt conventionnelle, Roger Michell et son scénariste Hanif Kureishi réussissent un divertissement aigre-doux sur l’état d’un vieux couple que les circonstances mettent face à la réalité de l’âge et conduisent à faire le bilan de trente années de vie commune.

Cette récréation qu’ils s’offrent se charge, au fur et à mesure qu’avance le récit, de moments joyeux, voire espiègles, d’autres plus mélancoliques, parfois conflictuels où se lit l’usure qu’opère le temps sur les meilleurs dispositions d’un couple.

Que reste-t-il d’un couple quand celui-ci a élevé les enfants, bouclé la boucle de l’amour et du désir, sinon de recréer l’illusion du bonheur passé en tentant de réinventer, pour un moment, l’attachement et la fantaisie qui les a sans doute autrefois soudés.

Sachant bien que cette escapade parisienne pourrait être le dernier épisode de fantaisie de leur vie, ils optent pour le haut de gamme : hôtel étoilé dans un riche arrondissement et restaurants de coquillages même s’ils savent bien qu’ils n’ont pas les moyens de ces écarts…

Ce dernier pied-de-nez à l’âge consommé, ils seront rendus à la réalité. Mais auraient-ils en réserve d’autres tours de passe-passe ?

Roger Michell esquisse un pas de côté à chaque fois que son récit devient linéaire ou qu’il flirte trop avec le conventionnel du sujet. Il a la fantaisie de ses personnages, leurs espiègleries et du goût pour l’imprévu.

Ainsi la séquence finale où le couple et leur ami retrouvé reprennent, dans un café parisien, la danse qu’effectuent Anna Karina, Claude Brasseur et Sami Frey dans " Bande à part" de Jean-Luc Godard.

Tout cela déborde d’optimisme et sans la moindre trace de mièvrerie.

Francis Dubois

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