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Un film d’ Uberto Pasolini

"Une belle fin" Sortie en salles le 15 avril 2015.

John May, modeste fonctionnaire de la banlieue de Londres, se passionne pour son travail qui représente l’essentiel de son existence.

Lorsqu’une personne décède et qu’elle est sans famille connue, c’est à lui que revient de retrouver ses proches.

Mais le plus souvent, ses tentatives échouent et il se retrouve seul aux funérailles, à écouter un texte qu’il a lui-même rédigé, qui fait l’éloge du disparu.

Jusqu’au jour où arrive sur son bureau un nouveau dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin.

Cinéma : Une belle fin

Comment, dans nos sociétés actuelles, des individus meurent seuls, sans la moindre compagnie au point que leur disparition ne concerne aucune personne et que leur funérailles se déroulent sans la moindre présence ?

A la suite du témoignage d’une femme officier funéraire, employée à la mairie de Westminster qui était chargée de retrouver trace des familles de défunts isolés et qui disait se retrouver le plus souvent seule au moment de la mise en terre ou de l’incinération, Uberto Pasolini s’est posé la question.

Il y a répondu en réalisant, cinq ans après sa dernière mise en scène " Sri Lanka National Handball Team" , avec un film singulier dont le déroulement repose sur les épaules d’un personnage socialement isolé, portant un ultime secours à ceux qui ont vécu une existence vide, proche de la sienne mais à l’isolement de laquelle il échappe par la passion que lui inspire le métier à priori peu valorisant qu’il exerce.

John est un personnage recroquevillé sur lui-même, disgracieux à regarder mais épanoui dans sa solitude et dans l’ultime élan de générosité qui ne lui est dicté que par un mystérieux réflexe presque instinctif.

La vie de John est riche de ces vies oubliées auxquelles il s’est consacré avec une telle ferveur, qui devenue presque suspecte aux yeux de sa hiérarchie, va conduire à son licenciement pour un "excès de zèle" qui conduit à des funérailles trop onéreuses.

Dès lors qu’il sait qu’il va devoir renoncer à sa "vocation", John en charge de son dernier dossier va se surpasser dans l’insistance de ses démarches de recherches.

Son acharnement sera à ce point "payant" qu’il attirera l’attention d’une jeune femme proche du défunt.

Le film tout entier repose sur le personnage de John magnifiquement interprété par Eddy Marsan, épaules rentrées, regard fuyant, qui porte sur lui tous les stigmates de la solitude la plus profonde.

Uberto Pasolini va à la recherche du personnage dans les moments de sa vie les plus anodins, un repas constitué d’une boite de thon renversée dans une assiette, d’une tranche de pain et d’une pomme, gestes et allées-venues répétitifs, regards furtifs où parfois se décèle un éclair d’intérêt ou curiosité, gestuelle réduite.

Et pourtant, " Une belle fin " n’est pas un film austère au récit minimaliste. Le récit épouse au plus près, dans son déroulement, la personnalité d’un être plein d’audace lorsqu’il s’agit de son travail, de détermination, d’élans d’intérêt. Le film devient une œuvre passionnante, palpitante, une sorte de suspense intimiste.

En abordant un sujet jamais traité à l’écran, avec la complicité d’un comédien magnifique, Uberto Pasolini réussit une œuvre singulière toute en nuances et pourtant solide et monolithique.

Francis Dubois

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