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Un film de Ilmar Raag (France-Estonie-Belgique)

"Une estonienne à Paris" Sortie en salles le 26 décembre 2012

A la mort de sa mère, Anne, une provinciale estonienne, répond à une proposition d’emploi à Paris. Il s’agit de s’occuper d’une vieille dame sur la demande de Stéphane, patron d’une brasserie qui n’est pas, comme on aurait pu le penser, le fils de Frida mais un ancien amant auquel elle est restée très attachée.

Les premiers contacts entre Anne et Frida sont si détestables qu’Anne envisage très vite de retourner dans son pays. Face à l’insistance de Stéphane, elle revient sur sa décision, persiste auprès de Frida et finit par déclencher sa sympathie.

Frida, Anne et Stéphane incarnent tous les trois, à différents niveaux, le même sujet, le rapport à la vie, la vieillesse, la solitude et la mort.

Frida, femme riche et qui a dû connaître au cours de son existence des moments flamboyants, souffre de se sentir diminuée et dépendante.

Elle est venue à Paris avant la guerre à la recherche de plaisirs romantiques et de liberté, mais elle a perdu tout contact avec son pays d’origine.

Maintenant, elle ne quitte plus son appartement luxueux et se pare, malgré sa solitude et l’enfermement qu’elle a choisi, de ses plus beaux vêtements, ses plus beaux atours.

" Une estonienne à Paris" souffre de ce que tout ce qui survient dans le récit est prévisible. On sait, dès les premiers contacts entre Frida et Anne, que la profonde antipathie qu’éprouvent les deux femmes l’une pour l’autre se changera en sympathie et attachement. On pressent que Stéphane qui paraît être indifférent à Anne, finira par tomber sous son charme comme on sait bien que lorsqu’Anne aura bouclé ses bagages pour s’en retourner, on la retrouvera sur le quai de la gare après que le train aura filé.

On est heureux de retrouver Jeanne Moreau dont le jeu était si savoureux dans sa courte apparition dans le film de Manoël de Oliveira. Ici, on dirait qu’elle s’ennuie un peu à composer un personnage attendu de grande bourgeoise finissante, affublée d’un trop de bijoux qui font obstacle à l’émotion.

La surprise viendrait plutôt de Patrick Pineau, homme de théâtre qui donne à l’ex-gigolo resté fidèle, une tendresse bourrue.

Paris est vu ici comme on voit la ville qu’on ne voit plus à force d’y vivre, quand il arrive qu’on la fasse découvrir à une parente de province émerveillée ou à un ami étranger de passage avide de retrouver les monuments.

Francis Dubois .

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