Enseigner l’évolution

LE CREATIONNISME SCIENTIFIQUE AMERICAIN

Une histoire interminable ?(1) par DOMINIQUE LECOURT (2)

« Créationnisme scientifique » : les guillemets s’imposent, car ce syntagme onirique représente une véritable création linguistique, spécifiquement américaine. L’expression désigne une doctrine et un mouvement. La doctrine, c’est la « science de la création » élaborée de toutes pièces au cours des années soixante par un groupe de fondamentalistes protestants sur la base d’une lecture littérale de la Bible afin de concurrencer la théorie darwinienne de l’évolution.

Le mouvement, c’est celui qui s’est organisé et déployé autour de l’« Institut pour la recherche de la création » (IRC) établi à San Diego. Outre la « recherche » destinée à construire et enrichir la dite science de la création, ce mouvement très puissant au début des années 1980 et encore aujourd’hui très actif s’est donné pour objectif essentiel d’implanter cette « science » nouvelle comme matière d’enseignement les « public schools » américaines. Non sans quelques succès retentissants.

Si cette « exception américaine » mérite attention, jusque dans ses extravagances, ce n’est pas seulement par son actualité mais parce qu’elle pose brutalement, autour de la question de l’enseignement de la théorie darwinienne de l’évolution dans le système scolaire, la question des rapports susceptibles de se nouer dans une société moderne et démocratique entre religion, science et politique.

Si cette « exception américaine » mérite attention, jusque dans ses extravagances, ce n’est pas seulement par son actualité mais parce qu’elle pose brutalement, autour de la question de l’enseignement de la théorie darwinienne de l’évolution dans le système scolaire, la question des rapports susceptibles de se nouer dans une société moderne et démocratique entre religion, science et politique.

Le sens du « créationnisme scientifique » américain n’apparaît que réinscrit dans une histoire à rebondissements (3) . Cette histoire commence en 1925 avec le fameux « procès du singe » qui avait vu un jeune enseignant, le valeureux John Thomas Scopes (1900-1970), couvert par l’ACLU (American Civil Liberties Union), se faire délibérément inculper dans le Tennessee, pour avoir enfreint la loi qui depuis l’année précédente y interdisait purement et simplement l’enseignement de l’évolution dans les public schools comme contraire au récit de la Genèse et donc aux valeurs de la société américaine. Cette loi avait été adoptée à l’issue d’une campagne très orchestrée, selon un modèle qui avait été ou allait être imité en Alabama, au Texas, en Caroline du Nord...Une douzaine d’Etats de la « ceinture biblique ».

Le procès avait pris l’allure d’un véritable show. Il s’était ouvert à Dayton dans une atmosphère de kermesse - on y vendit, dit-on, des cohortes de singes en peluche ! - et il avait vu s’affronter deux personnages - symboles de la politique américaine de ce temps : l’avocat libre penseur Clarence Seward Darrow (1857-1938), plaidant en faveur de Scopes, et William Jennings Bryan (1860 -1925 ), trois fois candidat à la Maison Blanche (1896 , 1900 et 1908 ), brillant évangéliste cultivé et grand pourfendeur du darwinisme, procureur désigné par l’Etat du Tennessee.

A l’issue du procès, l’Amérique moderne et progressiste tout acquise à l’évolutionnisme avait cru l’avoir emporté grâce à la fougue ironique de Darrow. Scopes n’avait été condamné qu’à une modeste amende. Bryan avait succombé à une crise cardiaque quelques jours après le procès. Et les lois anti-évolutionnistes avaient une à une été annulées avant que la Cour Suprême ne tranche définitivement à l’encontre de leurs promoteurs.

Le deuxième épisode de l’offensive contre l’enseignement de la théorie darwinienne aux Etats-Unis est ponctué par un nouveau procès puissamment médiatisé qui se déroule en décembre 1981 à Little Rock en Arkansas. Au cours de ce procès, on découvre que, loin d’avoir subi une défaite définitive, le mouvement fondamentaliste anti-évolutionniste avait au contraire étendu son influence. De fait, il n’était pas resté confiné dans le Sud agricole traditionaliste. Ses adeptes se recrutaient aussi dans les Etats du Nord les plus modernes, dans les couches diplômées de la population.

Il leur avait fallu à cette fin remanier leur argumentation, tenir compte de ce que la science avait définitivement pris rang parmi les valeurs reconnues de la société américaine, et prendre acte de ce que, depuis 1925, la biologie avait conquis un nouveau statut scientifique. De là, qu’ils aient voulu jouer sur les deux tableaux en tentant de donner un contenu scientifique au dogme de la création. D’où ces incroyables manuels, revues et programmes qui miment les modes d’exposés et de validation de la recherche académique, qui visent à établir scientifiquement que l’âge de la Terre ne se mesure pas en milliards d’années mais ne remonte pas à plus de six mille ans ; qui, pour prouver la réalité historique du Déluge, doivent soumettre à révision toutes les méthodes de datation, reconstruire la paléontologie comme la géologie sur de nouvelles bases...

A cette élaboration doctrinale correspondait un changement de tactique qui s’exprime dans le texte des lois adoptées en Arkansas et dans un douzaine d’autres Etats du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Ces lois stipulaient non qu’on interdirait l’enseignement de la théorie de l’évolution, mais que les élèves des public schools devaient désormais recevoir un enseignement qui placerait sur un pied d’égalité (a balanced treatment) la « science de la création » et la « science de l’évolution » (art. 1) ; ajoutant cependant que cet enseignement devrait « se limiter aux preuves (evidences) scientifiques fournies par chacun des deux modèles et aux conséquences (inferences) qu’on peut tirer de ces preuves ».

Sur ce dernier point, l’objectif était clair : il s’agissait de contourner le 1er amendement de la Constitution des Etats-Unis, lequel interdit de promulguer une loi qui accorderait une reconnaissance officielle à quelque religion que ce soit.

Le juge du district fédéral William R. Overton ne s’y trompe pas lorsqu’il écrit dans sa décision en janvier 1982 que les lois sur le « balanced treatment » « constituaient purement et simplement une tentative d’introduire la version biblique de la création dans les programmes de l’enseignement public ». Il fait d’ailleurs remarquer que l’interprétation de la Bible proposée n’est soutenue ni par les autorités catholiques, ni par celle de la communauté juive, ni même pas l’ensemble des dénominations protestantes. Ce n’est pourtant qu’en 1987 que la dernière de ces lois fut abolie par la Cour Suprême par un vote très serré au terme d’un débat extrêmement vif.

Dernier rebondissement en date : depuis le début des années 1990 l’anti-darwinisme s’appuie sur une nouvelle doctrine - l’intelligent design - qui prétend à son tour être une doctrine scientifique et non religieuse. Le mouvement de « iders » demande à ce qu’elle soit en conséquence enseignée dans les public schools.

Ses promoteurs, des universitaires de toutes disciplines, refusent le plus souvent d’être tenus pour les « nouveaux créationnistes ». Plus prudents et subtils que leurs prédécesseurs, ils entreprennent de montrer que la théorie de l’évolution elle-même - si on l’affranchit du moins du « naturalisme métaphysique » qui infestait, selon eux, la pensée de Darwin et de ses adeptes - requiert pour être cohérente l’idée d’un « intelligent design » et donc de quelque Créateur(4). Telle est la thèse que soutient à longueur de pages d’ouvrages, d’articles, de blogs(5), le mathématicien William A. Dembski(6), l’auteur de Intelligent Design : The Bridge between Science and Theology (InterVarsity Press, 1999), qui se reconnaît pour maître Phillip E. Johnson (7), Professeur de Droit, auteur de Darwin on trial (InterVarsity Press, 1993), livre qui dénonçait la théorie de l’évolution comme pseudo-scientifique. Dembski se reconnaît comme compagnon de route de Michael J. Behe, un biochimiste catholique (Lehigh University) auteur de Darwin’s Black Box : The Biochemical Challenge to Evolution (Free Press, 1996). L’essentiel de leur argumentation part de la complexité et de la diversité du vivant, laquelle ne saurait s’expliquer par une « évolution inintelligente » de type darwinien compte tenu de sa merveilleuse adaptation à son milieu (8). Le livre de Jacques Monod (1910-1976), Le hasard et la nécessité(9), fait l’objet d’une dénonciation insistante.

Ils réclament à leur tour pour les établissements scolaires un « balanced treatment » entre deux « hypothèses » en concurrence à l’intérieur d’une même science. Leur démarche est épistémologiquement moins coûteuse que la précédente. Elle permet de recueillir la plupart des résultats de la biologie actuelle. Mais pour éviter les impasses de la « science de la création », les « iders » sont amenés à recourir à un raisonnement qui est celui de la théologie naturelle classique, spécialement dans la version qu’en avait donnée en 1802 un Professeur de Cambridge devenu pasteur, William Paley (1743-1805) dont ils viennent de rééditer le livre majeur(10) agrémenté en annexe de références à leurs travaux et d’indications de sites web consacrés à ces questions. Le livre de Paley reposait dès les premières pages sur une analogie entre la machine (la montre) et le vivant. Il affirmait qu’il ne pouvait y avoir de « design » sans « designer » et que cela valait de l’un comme de l’autre. Or, il se trouve que Darwin comme tant d’autres naturalistes de son temps avait étudié dans le livre de Paley devenu alors un manuel. Et c’est expressément pour se défaire du finalisme de Paley que Darwin s’était intéressé aux phénomènes d’adaptation, jusqu’à en renouveler complètement le concept.
Pennsylvanie, Kansas, Georgie... la liste s’allonge des Etats où les professeurs de biologie ont dû céder devant la pression des parents d’élèves le plus souvent en s’autocensurant, c’est-à-dire en ne prononçant plus le mot d’évolution pour n’avoir pas à enseigner conjointement la doctrine de l’intelligent design. C’est au point que Bruce Alberts, Président de l’Académie des Sciences des Etats-Unis, a pu s’alarmer publiquement le 4 mars 2005 de ce que « l’un des fondements de la science moderne est actuellement négligé, voire même banni, des cours de science ».

Pour rendre compte de cette histoire interminable, il y a lieu d’évoquer plusieurs traits spécifiques de la société et de la culture américaine qui apparaissent en plein jour au fil des épisodes.

La première singularité tient aux rapports qu’y ont établis certains théologiens puritains entre science et religion. Le drame a commencé en vérité à se nouer dès la fin du 18ème siècle, lorsque les évangélistes se firent gloire d’adopter en théologie une démarche « scientifique ». Se référant à Francis Bacon (1561-1626), ils défendirent une version originale de la théologie naturelle selon laquelle la Bible contient, comme la nature, des « faits » qui doivent être étudiés par la méthode inductive et qui, selon eux, constitueraient autant de « preuves » (evidences) des idées fondamentales du christianisme.

Ce véritable positivisme théologique équivaut à faire du texte biblique un compte rendu d’observations. Il s’est trouvé appelé à soutenir une déconcertante théologie scientiste qui n’a pas son équivalent en Europe. Sur ce point, les partisans de la « science de la création » puisent dans une tradition profonde. Et les partisans de l’intelligent design ne font que revenir, pour s’en dissocier, à une version européenne - anglaise - de la même théologie naturelle.

Deuxième singularité : le rapport qui s’est institué aux Etats-Unis entre politique et religion. Ce rapport s’est manifesté avec éclat dans l’histoire qui nous occupe aussi bien en 1925 avec le rôle joué par William J. Bryan, qu’en mars 1981 par l’intervention de Ronald Reagan en faveur du premier « balanced treatment » puis celle de Georges W. Bush, dès août 1999 (11), et tout récemment après sa réélection par une prise de position publique de ce dernier en faveur de l’intelligent design.

C’est sans doute Clarence Darrow en 1925 au cours du « procès du singe » qui a montré le fond de la question. Provoquant un immense scandale, il fit en effet remarquer au tribunal d’entrée de jeu que les dès était pipés puisqu’à l’ouverture de l’audience, on devait lire un passage de la Bible. Darrow dénonçait ainsi l’existence, derrière la Constitution des Etats-Unis, d’une véritable constitution non écrite qui motive le culte dont la première est l’objet. Il montrait que, soutenant la démocratie américaine, enfoui dans les mémoires, travaillait sourdement un rêve de théocratie ou, à tout le moins, de « bibliocratie ». La dénonciation fondamentaliste du darwinisme comme contraire aux valeurs de l’Amérique trouve ici son origine et une part de son écho.

Troisième singularité et non la moindre. Les programmes scolaires sont déterminés par un vote dans les « boards of education » qui sont élus au niveau des comtés. Ces « boards » où les parents d’élèves pèsent de tout leur poids ont joué un rôle décisif dans cette histoire en faveur du « balanced treatment ». Si l’on ajoute que ce sont les mêmes « boards » qui choisissent les manuels en usage dans les classes, on s’explique pourquoi les éditeurs par prudence commerciale aient eu tendance à esquiver la question de l’évolution.

Mais il est un autre aspect de cette histoire qui n’a peut-être pas à ce jour été assez soulignée par ceux qui résistent à la propagande fondamentaliste, si ce n’est pas Stephen Jay Gould (12) (1941 -2002 ). On ne saurait oublier que la campagne des « créationnistes scientifiques » du début des années 1980 s’est présentée elle-même comme une contre-offensive visant les extrapolations à l’homme de la sociobiologie d’Edward O. Wilson (1929-) (13) ainsi que les thèses défendues par Richard Dawkins en 1976 dans le Gène égoïste (14). Cynisme individualiste brutal, contraire à la charité chrétienne, s’indignent alors les tenants de la « science de la création » ! Les promoteurs de l’intelligent design n’ont pas manqué de s’en prendre à Dawkins, l’une de leurs bêtes noires(15). Et ils ont fait grand cas, en 1999, des extrapolations au comportement humain qu’avaient suscitées un article pourtant très technique et prudent paru dans Nature sur le comportement social du campagnol (16). La grande presse ne parlait-elle pas du « gène de la fidélité » ?
Le dogmatisme scientiste de certains biologistes américains se réclamant de Darwin ou du darwinisme a incontestablement servi d’alibi aux campagnes fondamentalistes dans leurs diverses versions.

Nous voici parvenus au point où quelques leçons de portée générale peuvent être tirées de cette histoire singulière.

On ne peut édifier une science sur la base de textes sacrés, comme le croient les adeptes du « créationnisme scientifique ». Même si une tradition (biblique) présente une genèse du monde, des êtres vivants et de l’homme, ces textes ont valeur non de connaissance, mais de repères pour chaque être humain qui cherche à construire son identité d’être mortel en se référant à une généalogie qui puisse donner forme aussi stable que possible à son imaginaire.

Inversement, aux questions qu’agitent religions et théologiens, les sciences dites de la nature n’apportent aucune réponse, sauf à ériger la Nature en rivale de Dieu ; sauf à faire de la science un fétiche, et de la Raison même une idole.

Autre leçon : le prix d’une certaine pratique de la « laïcité » dans l’enseignement qui, dès qu’elle cède devant une politique inspirée par quelque pulsion théocratique, menace la liberté de pensée indispensable à la production de connaissances nouvelles. Le retour à la théologie naturelle classique que prônent les tenants de l’intelligent design, avec la prétention d’instituer cette doctrine comme théorie scientifique, représente clairement une régression à un stade prédarwinien de la pensée du vivant. Cette doctrine ne peut déterminer aucun programme de recherche qui s’inscrive dans le mouvement de la production des connaissances nouvelles, mais seulement une interprétation apologétique répétitive des résultats obtenus. Le risque serait donc, si on l’introduisait dans les classes, de masquer aux élèves la réalité de l’esprit scientifique, lequel ne cesse de déterminer la part de l’inconnu qui lui paraît connaissable en fonction du déjà connu et de rectifier les connaissances à l’épreuve de l’expérimentation en refluant le cas échéant sur ses propres présupposés philosophiques. La notion d’intelligent design appartient à l’histoire et s’expose aux critiques mêmes qu’ont adressées en leur temps au finalisme, par analyse des mêmes exemples, au delà de leur opposition, Bergson aussi bien que Kant.

Imaginer d’après le vivant pour tout l’univers quelque dessein intelligent, c’est beaucoup d’outrecuidance de la part de l’homme qui n’a à sa disposition d’autre idée de l’intelligence que la sienne propre, laquelle n’est que l’un des fruits de l’histoire du vivant.

Mais on aura compris qu’en définitive, la question du « créationnisme américain » n’est point philosophique en ce sens spéculatif mis en avant pour la parade par ses derniers promoteurs. Elle est profondément politique.

Dominique Lecourt © 2005

(1) Colloque de rentrée du Collège de France, « Croyance, Raison et Déraison », Amphithéâtre Marguerite de Navarre, le 14 octobre 2005.

(2) Professeur de philosophie à l’Université de Paris VII où il dirige le Centre Georges Canguilhem et Président du Comité d’Ethique de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD).

(3)D. Lecourt, L’Amérique entre la Bible et Darwin (1992), réed. Quadrige/PUF, Paris, 1998.

(4) Ils engagent sur ce point des discussions qu’ils veulent publiques avec des biologistes reconnus et réussissent à publier dans les meilleures maisons d’éditions académiques.

(5) http://www.uncommondescent.com/

(6)Carl F. H. Henry Professor of Theology and Science, Southern Baptist Theological Seminary, Louisville.

(7) Jefferson E. Peyser Professor of Law, emeritus School of Law, University of California, Berkeley.

(8) Exemple classique : l’oeil et la vision ; exemple plus actuel : les myriades de protéines de la cellule et leurs fonctions interdépendantes : une telle machinerie, insistent-ils, suppose l’intelligence de quelque machiniste.

(9) J. Monod, Le Hasard et la Nécessité, éditions du Seuil, Paris, 1970.

(10) W. Paley, Natural Theology ; or, Evidences of the Existence and Attributes of the Deity (1802), Coachwhip Publications, Landisville, 2005.

(11) Le candidat Ronald Reagan en son temps, qui déclarait en mars 1981, devant un auditoire californien, “ l’évolutionnisme est seulement une théorie scientifique, une théorie que la communauté scientifique ne croit plus aussi infaillible qu’on l’a cru autrefois. En tout cas, si l’on se décide à l’enseigner dans les écoles, je pense qu’on devrait aussi enseigner le récit biblique de la Création ”, le gouverneur Georges W. Bush, alors candidat républicain à la Présidence des Etats-Unis, se déclarait en août 1999, favorable à ce qu’on enseigne “ différentes manières d’expliquer la formation du monde ” (different forms of how the world was formed).

(12) Voir en particuliers S. J. Gould, Rocks of Ages, trad. franç., Et Dieu dit : « Que Darwin soit ! », éditions du Seuil, Paris, 2000

(13) E. O. Wilson, Sociobiology : The New Synthesis, Harvard University Press, 1975.

(14) R. Dawkins, The Selfish Gene, First Edition 1976, Oxford University Press , 1989.

(15)Voir la discussion entre les créationnistes et Richard Dawkins, The blind watchmaker : why the evidence of Evolution reveals a Universe without design, 2ed. Norton, 1996, et Daniel C. Dennett, Darwin’s dangerous idea : Evolution and the meanings of life, Touchstone, 1995.

(16) Tom Intel et Larry Young in Nature du 19 août 1999.

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