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Un film d’Antoine Raimbault (France)

« Une intime conviction » Sortie en salles le 6 février 2019.

Nora était jurée au premier procès de Jacques Viguier accusé du meurtre de son épouse et son intime conviction allait dans le sens de l’innocence de l’inculpé. Pour éviter une erreur judiciaire qui, pour elle, ne fait aucun doute, avant que ne s’ouvre le procès en appel, elle tente le tout pour le tout et contacte, pour défendre Jacques Viguier, un ténor du barreau, Maître Eric Dupont-Moretti.
L’avocat se prend au jeu et avec une Nora plus déterminée que jamais à prouver l’innocence de Viguier, alors que l’étau se resserre autour de celui que tout accuse, la quête de la jeune femme vire à l’obsession....

Cinéma : Une intime conviction

Fasciné par l’affaire Viguier, Antoine Raimbault a assisté à toutes les étapes du procès et son film respecte scrupuleusement ce qui s’est dit aux audiences et dans les écoutes téléphoniques.

Mais si le scénario emprunte à la réalité, le personnage de Nora est totalement fictif.
En le créant de toutes pièces, le jeune réalisateur risquait d’entamer tout le pan de la vérité du procès engagé. Un part de fiction dans la reconstitution d’un procès respectueux des faits n’allait-il pas créer une déséquilibre au sein du récit ? Le personnage de Nora, composé de toutes pièces, dans ses élans et sa détermination virant à l’obsessionnel, allait devoir être totalement crédible et s’intégrer à l’ensemble.

La greffe a-t-elle pris et le personnage de Nora, incarné par une Marina Fois fiévreuse n’allait-il pas fausser le jeu du film ?

« Une intime conviction  » est un film de facture très classique sur un sujet jouant à la fois sur les rebondissements, le personnage de Nora et celui figé dans un comportement résigné de Jacques Viguier.

Même quand on ignore tout de ce procès qui a eu un gros retentissement médiatique, le récit mené par Antoine Raimbault n’est jamais passionnant.

Les scènes d’opposition entre Nora et Maître Dupont-Moretti ne sont pas toujours assez convaincantes pour faire ressortir la force de ces deux personnalités.

Mais si la réalisation d’un jeune metteur en scène dont c’est le premier film illustre de façon efficace le cas d’une erreur judiciaire et les limites du fonctionnement de la justice, si l’interprétation que donne du célèbre avocat un Olivier Gourmet au faîte de son art, une faiblesse réside du côté de la partition de Marina Fois dont le jeu dramatique trop appuyé va jusqu’à mettre parfois le personnage de Nora en péril.

Une direction d’acteur insuffisante de la part d’un jeune metteur en scène face à une comédienne consacrée et le souci pour la comédienne de faire une composition à tout prix percutante font que la greffe ne s’est pas faite entre la réalité et un personnage fictionnel.

Il reste à voir un film qui, même s’ils est parfois démonstratif, remplit son rôle de plaidoyer sur les carences de la justice....

Francis Dubois

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