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Un film de Francesca Comencini (Italie)

"Une journée à Rome" Sortie en salles le 17 juillet 2013

Gina, 19 ans, veut travailler dans le monde du spectacle. Elle a rendez-vous avec un homme politique important qui pourrait l’aider dans ses projets. Sa mère, complice, lui a acheté une robe courte et des chaussures à très hauts talons pour l’occasion.

Marco, 20 ans, commence ce même jour un travail de chauffeur de limousine. C’est lui qui est chargé de conduire Gina à son rendez-vous.

Le rendez-vous est retardé en fin de journée, ce qui permet au film d’exister, aux deux jeunes gens de faire connaissance et de se livrer, le plus souvent à l’initiative de la jeune fille, à des excentricités qui appartiennent à l’insouciance de la jeunesse…

Ainsi, au cours de la journée, ils feront une halte chez un tatoueur, déjeuneront dans un grand restaurant de crustacés, boiront du champagne, voleront une robe dans un des plus grands magasins de la ville, se feront rattraper par la police, puis très vite libérer…

Voilà une journée à Rome qui voudrait nous entraîner dans un tourbillon de jeunesse et qui s’avère être, au contraire d’une platitude et d’un ennui mortels.

Quel est, dans le déroulement de cette " Journée à Rome" , le propos de Francesca Comencini ? Il semblerait qu’elle ait voulu faire de ce court laps de temps un moment charnière dans la vie des deux jeunes gens. Mais où se situe le changement pour le personnage de Gina ?

Pour ce rendez-vous qu’elle aura avec un homme politique influent, sa mère l’a affublée d’une robe qui conviendrait à une escort-girl, de chaussures à très hauts talons, un accoutrement du plus mauvais goût. Ce qu’il reste de candeur au personnage réside-t-il dans le fait qu’au lieu des chaussures, elle porte tout au cours de journée des baskets qui correspondent à son âge ?

D’où vient que Gina montre autant d’aisance dans un restaurant des plus chics de la ville, qu’elle sache se comporter en fille riche dans une boutique de mode de haut standing ?

Ce n’est pas sa carrière encore inexistante de comédienne qui l’aura rodée à des comportements qui ne s’improvisent pas.

Et dès lors, y a-t-il beaucoup à apprendre sur le personnage ? Une mutation est-elle possible ? Plausible ?

Le personnage de Marco est plus intéressant car il y a chez lui une véritable évolution et on le sent plus nettement mettre le pied dans ce monde inconnu où le propulse l’ambitieuse Gina.

Mais l’enfilade de quelques séquences sans grand intérêt, mises à la queue-leu-leu, fait-elle un film ? Qu’apporte la séance chez le tatoueur ? Le moment du repas de crustacés dans un grand restaurant, le champagne ? Le vol de la robe dans la boutique, un geste complètement gratuit puisque, aussitôt volée, la robe est jetée par la vitre de la voiture.

Fallait-il en arriver à la rencontre de Gina avec l’homme politique, à l’amorce d’une fellation dans son bureau, pour que le monde des deux jeunes gens bascule ? Pour que Marco, après avoir volontairement endommagé la limousine dont il avait la responsabilité, troque son uniforme de chauffeur contre un jean et un tee-shirt pour aller rejoindre dans la banlieue profonde qu’elle habite, Gina qui rentre chez elle avec le sentiment de la mission accomplie.

Il faut reconnaître à Francesca Comencini, le talent avec lequel elle filme la ville. Ce sont, ici et là, quelques moments de grâce.

Francis Dubois

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