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Un film de Samuel Tilman (Belgique-France-Suisse)

« Une part d’ombre » Sortie en salles le 22 mai 2019.

David est en apparence un homme irréprochable. Époux comblé et père de deux beaux enfants, il est entouré d’amis enthousiastes, chaleureux et fidèles. Lorsqu’au retour de ses vacances, il est interrogé par la police dans le cadre d’un meurtre récemment commis, son entourage est loin d’imaginer son implication dans ce drame. Pourtant, rapidement l’enquête, de découverte en découverte, établit que David n’est pas si irréprochable et petit à petit, le doute s’invite dans l’esprit de ses proches à l’exception de deux de ses amis les plus proches dont un avocat de profession qui va l’accompagner.

Cinéma : une part d'ombre

Samuel Tilman, en réalisant un suspense psychologique autour de la question du soupçon et du doute a fait un film cinématographiquement un peu « studieux », sans grand relief mais qui pourrait, de par certaines de ses qualités narratives, servir de base à une discussion sur le sujet de la subjectivité d’un jugement sur les apparences.

Le scénario est habile qui, sans cesse, relance la mécanique du doute et épaissit le climat de suspicion, transformant insensiblement l’image d’un individu irréprochable en celle d’ un criminel soudain plausible.

L’originalité d’ «  Une part d’ombre » tient au fait que le récit aborde le thème classique du soupçon sous un angle nouveau.

Ce n’est ni un polar qui raconterait comment un « coupable » manipule son entourage, ni un drame qui montre comment un innocent peut être jugé à tort.

Pendant tout le film, chaque geste, chaque déclaration de David peuvent être interprétés autant à sa charge qu’à sa décharge.

A partir du moment où David est observé, tout ce qu’il fait est potentiellement suspect jusqu’au geste le plus anodin qui, vu sous un certain regard, peut devenir interprétable et alimenter la thèse de la culpabilité.

Le sujet de la suspicion, pour déboucher sur un exercice de cinéma beaucoup plus convaincant et capable de déborder les limites de la réalisation télévision, aurait sans doute nécessité un peu moins de surlignage, d’être un peu moins démonstratif.

A titre d’exemple, une des premières séquences du film, quand pour faire la démonstration que le couple de David et Julie vit en parfaite harmonie, le jeune femme invite son mari à une étreinte passionnée, tellement urgente qu’en s’exécutant dans l’élan, ils prennent le risque d’attirer sur leurs ébats la curiosité de leurs enfants.

On peut se piquer au jeu. On peut apprécier la finesse de l’évolution du doute dans le récit et de la façon dont chaque membre de l’entourage l’admet ou s’en défend.

On peut apprécier la fine écriture des personnages secondaires qui, à force de justesse, renvoie parfois au second plan les deux personnages principaux.

Une histoire exemplaire...

Francis Dubois

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