Le point de vue du SNES

Une revalorisation urgente

Fiche remise par le SNES au ministre de l’éducation nationale au moment de sa prise de fonction


DES METIERS DEVALORISES

Le revenu moyen d’un enseignant représente 65 % de la rémunération d’un cadre du secteur privé, 68 % de celle d’un cadre de la fonction publique (en 2003, DGAFP Faits et chiffres 2005-2006). Le salaire d’embauche représente 125 % du SMIC (salaires bruts) contre 207 % en 1981. Le pouvoir d’achat des personnels du second degré a reculé de 20 % en 25 ans.
Dans le même temps, le ministère conteste la hors classe, acquise en 1989, comme élément de revalorisation et en fait un élément d’accélération de la carrière pour quelques-uns. Alors qu’un certifié sur trois n’accède pas à la hors-classe et plafonne à 2,5 SMIC en fin de carrière, les procédures mises en place contre l’avis unanime des organisations syndicales écartent de plus en plus un très grand nombre de collègues (rappelons par ailleurs, que les CO-Psy n’ont pas accès à la hors-classe).
La déconcentration de la gestion introduit des disparités fortes et contrarie la mobilité géographique et professionnelle des personnels.

LES DEMANDES DU SNES

• Le SNES demande la reconstruction des carrières pour tous avec intégration des indices de la hors-classe en une carrière en onze échelons parcourue en 20 ans. Dans ce cadre, un début de carrière à 1.800 euros mensuels nets et le versement d’une prime d’équipement, l’indexation du point d’indice de la fonction publique sur les prix.

• Élargir les possibilités de promotion interne : doubler les chaires supérieures et permettre ainsi à tous les agrégés enseignant en CPGE d’y accéder rapidement ; élargir la liste d’aptitude au corps des agrégés en passant du 1/7 au 1/5 ; rétablir les congés de mobilité et développer fortement les possibilités de congés de formation professionnelle.

• Améliorer les reclassements, notamment en prenant en compte dans le cadre du décret du 5 décembre 1951 des années d’expérience professionnelle pour les agrégés des disciplines technologiques et avec la révision de la règle du butoir, défavorable en particulier aux anciens contractuels.

• Réaliser enfin l’extinction le corps des AE avec un décret balai d’intégration.

• Créer les agrégations dans toutes les disciplines et les spécialités.

• Afin de rendre plus attractifs les postes en ZEP et d’y favoriser la stabilité des enseignants, étendre et revaloriser la NBI existant dans les établissements « sensibles » et systématiser l’avantage spécifique d’ancienneté en réparant l’injustice faite aux personnels de l’Éducation nationale par le décret 2001-48 du 16 janvier 2001.

Heures supplémentaires : un travail sous-rémunéré.

La rémunération de la première heure supplémentaire est inférieure à celle d’une heure incluse dans le service dès le 5e échelon, celle des heures suivantes lui est toujours inférieure.
Le SNES conteste la politique de développement des heures supplémentaires qui joue contre l’emploi. Au niveau du second degré, elle aggraverait le chômage déjà très important des non-titulaires et contribuerait à réduire encore les recrutements.
Il est d’autant moins acceptable que le recours aux heures supplémentaires soit une aubaine pour l’employeur qui a ainsi l’occasion de rémunérer le travail effectué très en deçà de ses propres références. Le SNES demande que la rémunération des heures supplémentaires soit revue dans l’objectif de la porter à 125 % de la rémunération d’une heure incluse dans le service.