Actualité théâtrale

Théâtre de Quartiers d’Ivry, partenaire Réduc’Snes, Studio Casanova. Jusqu’au 15 février 2014

"Une saison en enfer" d’Arthur Rimbaud. Mise en scène Benjamin Porée, avec Mathieu Dessertine

La collaboration entre Mathieu Dessertine et Benjamin Porée (qui n’avait pas la notoriété qu’il a depuis sa mise en scène de " Platonov" qu’on a pu voir récemment au Théâtre de Vanves puis aux Ateliers Berthier) remonte à 2006, à l’époque où ils sont tous deux élèves du Cours Florent et où le comédien s’est déjà mesuré au texte de Rimbaud.

L’un a vingt ans et l’autre dix-huit et tous deux nourrissent la même passion pour "Une saison en enfer".

Mathieu Dessertine demande à Benjamin d’assurer une nouvelle mise en scène du texte qu’ils présentent avec succès au Festival d’Avignon.

Depuis, ils n’ont cessé de revenir sur leur travail en collaboration et la mouture que l’on peut voir (et applaudir) sur le plateau du Studio Casanova du TQI, n’en est peut-être qu’une autre étape.

Si les premières représentations, il y a sept ans, jouaient à la fois sur la force juvénile du texte, sur un certain angélisme et d’une certaine façon, reposaient sur "l’image d’Épinal" du jeune Rimbaud que venait chercher le public, un nouveau travail en 2012 se concentre sur la structure du texte.

Il se découpe dès lors en un prologue (Le passage sur les origines) après quoi s’opère avec " Nuit de l’Enfer", "Vierge folle", "Alchimie du verbe" , un mouvement de bascule présenté comme une sorte de flash-back.

Le spectacle entre alors, par ce biais, dans une théâtralité d’un texte qui n’est pas théâtral.

On est dans différents lieux avec de vraies lumières de théâtre, une forte dramaturgie et face à un texte qui parle de choses très concrètes sur notre société.

Le comédien et le metteur en scène réussissent à donner corps à cette œuvre écrite en 1873 ; le comédien en donnant à Rimbaud, une présence à la fois physique et poétique ; le metteur en scène avec un travail minimaliste à l’esthétisme simple autour de quelques éléments (une baignoire au milieu du plateau où Mathieu Dessertine dit, dans la nudité, " Nuit de l’enfer", du maquillage à la suie ou une lampe torche dont l’éclairage fuyant accompagne " La vierge folle").

Le spectacle à plusieurs reprises retravaillé, donne aujourd’hui à voir un travail totalement abouti que les amateurs de simplicité au théâtre apprécieront tout en assistant à une très belle performance de comédien.

Francis Dubois

Théâtre des Quartiers d’Ivry. Studio Casanova. 69 avenue Danielle Casanova Ivry.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 43 90 11 11

www.theatre-quartiers-ivry.com

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