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Un film de Vera Caïs (France-Tchécoslovaquie-Allemagne) 1995

"Une trop bruyante solitude" Sortie en salle le 16 novembre 2011

Ce film, avec Philippe Noiret au générique, est l’adaptation d’un roman de Bohumil Hrabal. Il fut tourné entre 1994 et 1995. Une "première" du film pour la partie tchèque eut lieu en 1995, le jour anniversaire des 81 ans de l’auteur du livre.

Une autre projection se fit à Versailles mais ni la presse, ni le public, ni Philippe Noiret, ni la réalisatrice et les techniciens ne furent mis au courant.

Le producteur ne diffusa jamais le film et ce n’est qu’après 14 années de combats et grâce à l’aide de la SACD et des producteurs tchèques qui détenaient leur version du film, que la reconstitution d’une version définitive prit forme en 2010.

Hanta, un ouvrier vieillissant travaille dans une cave où, depuis trente-cinq ans, il presse du papier à l’aide d’une machine archaïque.

Personnage rêveur, il n’est pas toujours efficace. Surtout quand il trie les livres et sauve du pilon un exemplaire rare, une affiche originale ou la reproduction d’un tableau de maître.

Il a fini par faire son nid au milieu des ballots de papier pressé qu’il considère comme des œuvres d’art. Il dialogue avec ses amies les souris, friandes de vieux papier jauni.

Mais ce n’est pas tout. Dans sa cave, Hanta reçoit des visites, celles de jeunes et jolies gitanes, ses amies, celle du professeur collectionneur de livres rares, mais aussi au gré de son imagination, celles de Baudelaire, de Jésus, de Dante, de Don Quichotte.

Il aura fallu la ténacité de quelques-uns pour que ce film voué à l’oubli sorte de l’ombre. Il faut les en remercier car "Une trop bruyante solitude" est une œuvre douce et enchanteresse, délicate et échevelée, pas très éloignée des univers d’un Kaurismaki ou d’un Kusturica pour ce qui est des échappées lyriques ou fantastiques.

Philippe Noiret n’est, bien sûr, pas étranger au charme du film. Il apporte au personnage de Hanta son incomparable bonhommie, sa crédulité et cette détermination souterraine qui fait la force des rêveurs et des laissés pour compte.

Le cinéma " Accatone" est le seul à programmer le film qui aurait mérité, au nom de ses nombreuses qualités cinématographiques, une sortie moins discrète. Mais l’essentiel n’est-il pas que ce film existe, qu’il soit projeté sur un écran, et que les spectateurs qui se laisseront tenter puissent savourer leur plaisir.

Francis Dubois

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