Actualité théâtrale

Maison de la Poésie de Paris jusqu’au 31 décembre 2011.

"Urgent crier" Textes d’André Benedetto adaptation et mise en scène Philippe Caubère Partenaire Réduc’snes

Né à Marseille en 1934 et après une enfance passée à Salon-de-Provence, André Benedetto devient instituteur. Il s’installe en Avignon où, passionné de théâtre, il crée en 1961, La Nouvelle Compagnie d’Avignon. En 1963, avec son équipe, il s’installe dans une ancienne salle paroissiale qui deviendra le Théâtre des Carmes. Il y monte Claudel, Beckett, Eschyle et Arrabal et réalise des montages de poèmes d’Eluard ou de la Beat Generation.

En 1966, il lance le Festival Off et c’est le début d’une période de théâtre en relation directe avec les événements politiques et historiques de son temps.

Début 70, Philippe Caubère est étudiant à Aix-en-Provence. Avec quelques autres, il se passionne pour le théâtre et découvre, en voisin, le théâtre d’André Benedetto. Celui-ci, habité par sa mission est, en plus de sa vision holistique du monde, une sorte de Rimbaud-Gitan flamboyant, portant blouson de cuir, roulant en moto, et ressemblant à Marlon Brando.

André Benedetto et Philippe Caubère se rencontrent au début des années 70 et une amicale collaboration se met en place. Benedetto apprécie ce que Caubère et sa troupe montent .Il leur prête du matériel, assiste aux spectacles.

Philippe Caubère dira plus tard que le vrai pape d’Avignon est Benedetto et que leur rencontre et leurs échanges auront été pour lui aussi importants que sa collaboration avec Ariane Mnouchkine, au Théâtre du soleil.

Sur le plateau de la Maison de la Poésie, Philippe Caubère ne se contente pas de dire des textes d’André Benedetto sur Jean Vilar, Antonin Artaud, le journaliste Gilles Sandier, des poèmes qu’il écrivit - car c’était un grand poète-, des recommandations de sagesse qu’il adressait à un éclairagiste ou un musicien de son équipe. Il joue Benedetto, comme autrefois il jouait Ariane Mnouchkine ou sa mère. Il ressuscite l’humour, les clins d’œil et surtout, dans les moindres recoins, entre langage imagé et poésie, l’accent du soleil et cette liberté créatrice dont l’Avignonnais des Carmes ne s’est jamais privé.

Benedetto est là, sur la scène, et c’est pourtant Philippe Caubère qui s’y trouve. Mais le temps de ce spectacle ciselé, drôle et émouvant, ils y sont tous les deux ou ne font qu’un.

Textes de jeunesse, textes plus récents, il n’y a jamais loin des uns aux autres.

Merci à Philippe Caubère d’être redevenu somptueux. Merci à Claude Guerre, directeur de la Maison de la poésie et ancien comédien chez Benedetto d’avoir accueilli ce spectacle.

Merci à eux de nous rappeler que nous avions, dans son antre, place des Carmes en Avignon, un grand monsieur du Théâtre qui ne voulait surtout pas qu’on fasse grand bruit de sa personne.

Francis Dubois

 

Maison de la Poésie de Paris 157 rue St Martin 75 003 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 44 54 53 00

www.maisondelapoesieparis.com

 

 

 

 

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