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Une comédie de Vincent Lannoo (Belgique)

"Vampires" Sortie en salles le 1er Septembre

Une communauté de vampires fait appel à une chaîne de télévision pour un reportage. Après deux échecs-sanglants, une équipe finit par faire l’affaire. Elle filme le quotidien de Georges et Bertha Saint-Germain, les parents, de Samson leur fils glandeur émérite, de Grâce, leur fille en pleine crise d’adolescence. Une famille somme toute des plus normales si chacun n’était pourvu d’une dentition caractéristique.
Et voilà qu’on découvre que ces morts vivants mènent une vie semblable à la nôtre et qu’ils se trouvent confrontés comme chacun de nous à des problèmes de voisinage, de pouvoir ou de respect des règles.
Vincent Lannoo a fait un film drôle, parfois désopilant où grosse charge narrative, gags et subtilités se succèdent sans cesse, une vraie comédie politique qui nous prouve que des vampires, des hommes et des femmes aux dents longues, nous en côtoyons chaque jour. Ils sont comme les êtres de légende, prêts à tout pour sucer notre sang et beaucoup plus redoutables.

Ce film en apparence franchement potache mélange trois genres cinématographiques : le documentaire, la série B et la comédie qui chacun et les trois à la fois, portent un regard critique sur nos contradictions et le dépassement des limites légales.
Rien de plus drôle qu’une gamine vampire qui dans sa crise d’adolescence rêve de devenir un humain et qui, pour cette raison, rentre en lutte constante avec des parents farouchement attachés aux traditions et aux valeurs classiques liées à leur état.
Rien de plus drôle encore qu’un tétraplégique qu’on amène comme repas et qui fait dire au vampire marseillais-irrésistible de candeur- que c’est la première fois qu’on lui apporte en même temps le légume et la viande…
Dans un précédent film tout aussi décalé et transgressif, Vincent Lannoo racontait la vie d’un professeur de théâtre tyrannique qu’une équipe de télévision suivait dans son quotidien. Son goût pour les microcosmes d’allumés y était déjà très lisible. Ici, avec "Vampires" il propose une relecture, intelligente et pétrie d’humour noir, non seulement pertinente mais très actuelle, du mythe de Dracula.
On pensera peut-être parfois, sans doute à cause de l’équipe de télévision, au film de Rémy Belvaux "C’est arrivé près de chez vous". L’humour en est assez proche mais "Vampires" réussit dans la nuance là où le film de Rémy Belvaux passait par des moyens plus spectaculaires et peut-être idéologiquement plus ambigus.
"Vampires" est une franche réussite. Il devrait séduire tous les publics. Pourvu que son titre ne décourage pas ceux qui sont réfractaires aux films de genre. Cà n’a rien à voir !
Francis Dubois

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