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Un film de Gabriel Mascaro (Brésil)

"Ventos de agosto" Sortie en salles le 26 août 2015.

Shirley a quitté la ville pour s’occuper de sa vieille grand-mère dans un petit village de la côte, dans le Nordeste au Brésil.

En plus de la porcherie dont elle s’occupe, elle conduit le tracteur à remorque qui transporte les récoltes de noix de coco.

Avec son copain Jeison qui explore les fonds marins pendant qu’elle se dore au soleil sur le pont de leur petite embarcation à leurs heures perdues, ils font une surprenante découverte qui va les amener, elle et lui, à un questionnement sur la vie, la mort, la mémoire du vent de la mer.

Jusque-là, Gabriel Mascaro n’avait réalisé que des documentaires.

S’il s’est intéressé ici au vent destructeur et plus précisément aux alizés du mois d’août, et s’il s’est fixé comme défi de créer des images de la force du vent, c’est parce qu’il avait été fortement marqué par deux documentaires de Joris Ivens, " Le mist ral " datant de 1965 et surtout par son dernier film " Une histoire de vent".

Si " Ventos de agosto " est une fiction, il est largement empreint de la veine documentaire. Mais ce penchant du film est si intimement lié au récit et à la vie des deux protagonistes présentée dans le cadre d’une chronique villageoise très libre dans sa construction, qu’il s’intègre harmonieusement à la narration et que les deux genres cinématographiques s’entremêlent, l’un déteignant sur l’autre et l’autre sur l’un.

Cinéma : ventos de agosto

Lorsque Gabriel Mascaro a découvert l’état de délabrement de certaines parties des côtes de Pernambuco dans le Nordeste du Brésil, détruites par la montée des eaux, il a entrepris des recherches pour découvrir qu’en trente ans, des plages paradisiaques avaient disparu ou avaient été saccagées par les intempéries, que des cimetières notamment, avaient été emportés par les vagues.

Si le récit s’attache à des personnages récurrents, ceux de Shirley, de Jeison et de la grand-mère essentiellement comme aux protagonistes d’une fiction, il n’entre pas dans leur psychologie.

Les personnages se révèlent à travers leurs activités quotidiennes, leurs passions, leur approche des autres. Ils existent dans une nature contrastée, dans des séquences de leur vie qui le sont tout autant.

La ligne du récit imprécise, entre fiction et documentaire, est maintenue dans cette hésitation grâce

à la construction virtuose du film et à la singularité du "mouvement narratif" qui berce le récit.

Francis Dubois

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