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Un film de Gonzalo Tobal (Argentine-Pays-Bas-France)

"Villegas" Sortie en salles le 7 novembre 2012

Esteban et Pipa, deux cousins autrefois très proches mais qui s’étaient perdus de vue, se retrouvent à l’occasion des funérailles de leur grand-père.

Habitant tous deux Buenos-Aires, ils font le voyage ensemble jusqu’à Villegas, une petite ville où vivent leurs familles.

Les deux trentenaires renouent avec leur passé, le temps d’ultimes vacillements, avant de faire de la vie qu’ils avaient choisie, un choix définitif.

Le sujet de "Villegas" n’est pas très neuf. Les personnages de deux cousins du même âge, que les circonstances de la vie ont éloignés, qui se trouvent à nouveau réunis à l’occasion d’un deuil, renouent au cours d’un voyage au cours duquel ils se rapprochent et se heurtent, ne nous sont pas vraiment des inconnus.

Les aléas du voyage, une route bloquée, la nécessité d’emprunter un autre itinéraire plus long et moins confortable, une halte, une altercation entre les deux cousins qui ne laisse pas découvrir ses raisons profondes, ne sont pas non plus faites pour renouveler le sujet.

Pas plus que les retrouvailles avec les familles, les repas, les préparatifs des funérailles et le déroulement des obsèques.

Pourtant, en filigrane, dans le déroulement de ce récit aux épisodes attendus, s’infiltrent de petits événements annexes qui finissent pas constituer une sorte de récit parallèle qui bientôt entame et détourne le conventionnel de la narration.

L’apparence très traditionnelle de la famille se trouble soudain et l’on découvre un monde qui n’a jamais été représenté dans le cinéma argentin, celui des fermiers de classe moyenne éleveurs de bovins dans la pampa. Des exploitants que l’âge place devant un choix. Trouver dans la descendance celui ou ceux qui pourraient prendre la relève ou être obligés de passer la main.

Et parallèlement à ce problème terrien, le film de Gonzalo Tobal aborde le problème de la jeune génération urbaine qui, si elle s’est définitivement éloignée du monde rural dont elle est pourtant issue, a du mal à réaliser des choix et à entrer dans le monde des adultes.

L’un des cousins, Esteban travaille dans une société à Buenos-Aires. Il est sur le point de se marier et pourtant, le temps d’un court séjour sur les terres, il retrouve celle qui lui était destinée comme épouse, s’il était resté au pays. Et ce n’est pas un hasard s’ils font l’amour dans un champ, à ciel ouvert.

Pipo voudrait vivre de sa musique mais il vient de se séparer du groupe avec lequel il jouait. Ni sa vie professionnelle, ni sa vie sentimentale ne sont tracées et c’est d’une rencontre de hasard avec une vendeuse de station-service qu’il fera sa nouvelle "histoire d’amour définitive".

L’évolution du récit fait qu’on s’attache de plus en plus aux personnages principaux et qu’au fur et mesure qu’on avance dans le récit, les personnages annexes se dessinent, que les situations intimes ou sociales se clarifient, le récit trouve sa singularité et le film prend une autre tournure, à l’inverse d’une banale histoire de retrouvailles.

Francis Dubois

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