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Un film de Paul Cox (Australie)

"Vincent, la vie et la mort de Vincent Van Gogh" Sortie en salles le 4 juin 2014

Vincent Van Gogh est mort à trente-sept ans dans l’anonymat et la pauvreté, n’ayant vendu de son vivant qu’un seul tableau sur les centaines d’œuvres qu’il a produites en dix années.
On le reconnaît aujourd’hui comme un des plus grands artistes de tous les temps, pionnier de l’expressionnisme ayant exercé une influence profonde sur les artistes du vingtième siècle.

Dans une première partie de sa vie, Van Gogh se fixe à Londres où il devient instituteur dans le quartier ouvrier d’Isleworth, avant de s’installer en Belgique où il se découvre une vocation religieuse qui le conduit à évangéliser chez les mineurs de Boringe.
Une expérience qui ne se poursuivra pas, la peinture prenant le pas sur la prédication.

Le film de Paul Cox qui date de 1987 est resté jusque-là inédit en France.
Il retrace les dix années de la période créative de Vincent Van Gogh à partir des lettres qu’il a régulièrement écrites à son frère Théo entre 1872 et 1890.
Une correspondance à une voix qui permet d’entrer dans l’intimité créatrice de l’artiste et de découvrir ses motivations et sa profonde humanité, son attachement à ses origines hollandaises et plus tard au sud de la France où il peindra ses œuvres les plus marquantes.

"Vincent, la vie et la mort de Van Gogh" repose sur un part-pris audacieux de simplicité narrative.
La voix du comédien britannique John Hurt restitue le texte des lettres que Vincent écrivait à Théo alors que la caméra "glisse" avec une sorte de douceur, alternativement sur les paysages qui ont inspiré le peintre dans son œuvre et sur ses œuvres achevées.
Quelques passages très courts interprétés par des comédiens (et qui ne sont pas, loin s’en faut, le meilleur du film) illustrent des épisodes de la vie de Van Gogh ou certaines circonstances qui lui ont inspiré une oeuvre.
Théo qui fut l’accompagnateur, le soutien, sinon le mécène de son frère (il le soutiendra moralement et financièrement), existe à travers l’amitié et la reconnaissance évoquées par Vincent dans ses lettres, où se lit la passion que l’un et l’autre portaient à la peinture.

Alors que les lettres sont le témoin d’une relation intense entre les deux frères, elles laissent apparaître la dimension tragique de leurs rapports.
Vincent souffre d’être un fardeau pour Théo mais veut, coûte que coûte, aller au bout de son parcours d’artiste.

Les lettres magnifiquement rendues à l’amitié exprimée, par la voix de John Hurt, évoquent tour à tour les doutes et certitudes d’un artiste qui aura souffert d’un manque d’amour de la part de sa famille et de ses contemporains (il sera chassé d’Arles où il effraie les gens par son comportement).

La parfaite harmonie entre le choix des lettres sensibles et complices, le défilé des œuvres et des paysages et la voix du lecteur, s’ils rendent compte du travail acharné et de la détermination du peintre, conduisent à l’émotion. Elle développe un charme narratif qui passionne et procure au spectateur le désir parfois de voir autour de soi avec les yeux du peintre, ne fut-ce qu’un instant.
Magnifique à tous points de vue.
Francis Dubois

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