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Un film de David Moreau (France)

"Vingt ans d’écart" Sortie en salles le 10 mars 2012

Alice Lantins approche de la quarantaine. Elle pourrait prétendre au poste de rédactrice en chef du magazine "Rebelle". Elle en a les capacités, l’ambition mais ce qui fait hésiter les pouvoirs décisionnaires, c’est son image de femme coincée.

Son chemin va croiser celui de l’impétueux Balthazar, pas encore vingt ans et l’image terne qu’elle offrait à voir (c’est la première invraisemblance du film quand on connaît le rayonnement de Virginie Efira) se modifie, et plus encore le regard réservé que l’équipe de la revue portait sur elle.

Voyant qu’avec sa rencontre avec Balthazar, elle détient la clé de sa promotion professionnelle, elle va rentrer dans le jeu du jeune homme et feindre la comédie d’une improbable histoire d’amour, croyant ferme que vingt ans d’écart est la garantie que les choses ne s’éterniseront pas entre eux.

Dommage que le scénario ne soit pas suffisamment maîtrisé car David Moreau disposait avec le sujet et la participation des deux comédiens principaux, les moyens de réaliser une comédie savoureuse, à l’américaine.

Or, il faut que l’histoire patauge, que l’enchaînement des situations ne nous réserve que peu de surprises, que les articulations scénaristiques ne soient pas toujours à la hauteur, qu’au bout d’une heure de film, les personnages soient épuisés et qu’il n’y ait plus rien à en dire.

C’est encore sans compter avec les personnages-clichés, le directeur de collection précieux (Gilles Cohen aurait pu tirer meilleur parti de son personnage), le père de Balthazar déjanté auquel Charles Berling n’apporte aucune nuance.

Pourtant David Moreau disposait pour son film d’un atout de taille : le jeune comédien Pierre Niney (de la Comédie Française) remarqué dans " J’aime regarder les filles" en 2011 et dans "Comme des frères" d’Hugo Gelin en 2012.

Ce jeune homme pourvu d’une finesse, d’une élégance et d’un talent immense - dont on aura pu constater la fougueuse énergie à la Comédie française dans " Le chapeau de paille d’Italie" la saison dernière - ajoute à son charme et à son dynamisme les qualités dont faisaient preuve les grands américains à leurs débuts.

Il est fait pour jouer la comédie mais il faut lui donner du grain à moudre et surtout ne pas le laisser s’ennuyer à l’écran. Il a alors un air de chien battu qui fait peine à voir.

Il est possible qu’en dehors d’un scénario trop " plan-plan", Virginie Efira ne soit pas la comédienne qui convenait le mieux face à Pierre Niney. Elle a du charme mais peu de "caractère" et pas assez "battant" pour faire le poids.

Au stade où en est Pierre Niney, il lui faut être vigilant quant au choix de ses prochains rôles . Il n’est pas certain que le "Yves Saint-Laurent" qui sera mis en scène pas Jallil Lespert et dont il sera l’interprète soit un bon choix pour son début de carrière.

En attendant de connaître la suite, on peut toujours aller voir " Vingt ans d’écart" (pourquoi un tel titre ?). Le film connaît ici et là des moments plutôt inspirés et il est toujours intéressant d’assister aux débuts un comédien dont il ne fait aucun doute qu’il ira loin.

Francis Dubois

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