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Un film de Andres Wood (Chili)

"Violeta" Sortie en salles le 28 novembre 2012

Violeta Parra, chanteuse, poète, brodeuse, céramiste et peintre est restée, malgré sa célébrité, une femme proche de la terre chilienne.

Le film d’Andres Wood inspiré du livre écrit par Angel Parra, son fils : "Violeta Parra, ma mère" retrace le destin d’une femme hors du commun, la période de ses succès et celle, douloureuse, de sa déchéance.

Deux éléments de sa vie l’auront amenée au déclin, puis au suicide. L’échec de son projet de chapiteau qu’elle voyait comme un centre de culture populaire, sur les hauteurs de Santiago et son amour déçu pour le musicologue suisse Gilbert Fabre qui, après l’avoir longtemps accompagnée, notamment pendant l’épisode de l’exposition de ses œuvres au Louvre, l’a quittée pour aller créer son propre groupe en Bolivie.

Celle qui s’était montrée si tenace sur ses projets, si exigeante, qui était restée une paysanne, celle qui avait glané, en sillonnant le Chili du Nord au Sud, les restes d’une tradition musicale en voie de disparition et en avait fait un véritable trésor, cette femme en apparence si forte avait aussi ses failles, ses faiblesses.

Ses compositions ont été reconnues par la critique à travers le monde qui a loué leur poésie, l’intelligence des textes et l’originalité de leur musique.

Elle s’est servie de sa notoriété et de sa guitare pour protester, dénoncer et condamner les injustices sociales.

Mais son talent ne s’est pas limité à la chanson et sa carrière de peintre, de céramiste et de brodeuse ont fait l’objet de nombreuses expositions en Russie, en Italie, en Finlande, en Allemagne et en France où en 1964, elle devint la première artiste latino-américaine et la première femme, à exposer ses œuvres au Louvre.

Le film d’Andres Wood, s’il retrace dans ses grandes lignes la vie de ce personnage de femme atypique, échappe au biopic fidèle et linéaire. Le travail sur la photographie, le traitement des couleurs, la façon à la fois fluide et fragmentée avec laquelle il traite le flash-back, en font une œuvre cinématographique solide et originale.

Le fil de la narration se rompt à chaque fois que celle-ci est prête à céder à la linéarité. L’histoire d’amour que Violeta a vécue avec Gilbert Fabre, de son commencement inattendu et brutal à la rupture qui n’est pas montrée comme telle mais comme une séparation dictée par les circonstances, résume le côté schématique de la narration.

"Violeta", malgré l’originalité de son traitement, n’entame en rien le réalisme des segments maîtres qui ont composé l’essentiel d’une existence trop courte mais extrêmement riche et dense.

Celle d’une femme rayonnante, généreuse, tenace, attachée à l’humanité, entourée et pourtant si seule et isolée au moment de sa vie où elle se trouve entraînée dans le tourbillon du déclin et du désespoir.

Francis Dubois

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