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Un film de Martin Provost (France)

"Violette" Sortie en salles le 6 novembre 2013.

En 2008, Martin Provost réalisait" Séraphine" , un film sur la peintre autodidacte Séraphine Louis, depuis sa rencontre avec le collectionneur Wilhelm Udhe jusqu’à son internement en asile psychiatrique en 1932.

Cette fois-ci, il réalise un biopic de Violette Leduc.

Le film commence en 1942 dans une maison normande isolée où Maurice Sachs l’a recueillie. A l’époque, elle rédige des articles pour "Paris-Soir" ainsi que des textes de propagande destinés aux femmes de soldats partis au front. Elle est amoureuse de son protecteur mais lui est homosexuel. C’est lui qui, le premier, l’encourage à écrire.

Lorsque, quelques temps plus tard, Maurice Sachs part pour l’Allemagne, elle rejoint Paris où sa principale activité est le marché noir.

Cependant, elle écrit un premier roman " L’Asphyxie" que le jeune philosophe Yvon Belaval lui conseille de faire lire à Simone de Beauvoir. Ce qu’elle finit par faire.

Simone de Beauvoir l’encourage à poursuivre même si la publication d’ "Asphyxie" chez Gallimard est un échec.

Le roman suivant "L’Affamée" ne rencontre pas plus de succès mais elle a le soutien de Jean Genet et s’attire la sympathie d’un riche homosexuel, Jacques Guérin qui, malgré son avarice, consent à l’aider.

En 1955, elle publie " Ravages" mais le roman est censuré. Se retrouvant vouée à l’échec, à la suite d’une crise nerveuse en 1956, elle est hospitalisée pour subir une cure de sommeil.

C’est après cette coupure nécessaire qu’elle entreprend d’écrire " La Batarde" . Le roman à grand succès paraît avec une préface de Simone de Beauvoir.

Violette Leduc se retire alors à Faucon, petit village de la Drôme provençale.

Les deux histoires de Séraphine et de Violette ont des trajectoires inverses et, dans les deux cas, les personnages sont, à un moment de leur vie, voués au succès.

Mais s’il y avait du mystère, des zones d’ombre dans " Séraphine" , si le personnage mutique tenu par Yolande Moreau gardait des secrets derrière ses silences, il n’en est pas de même pour Violette Leduc.

Alors que certainement, il aurait fallu.

C’est un peu comme si, ayant une grande empathie pour l’écrivain, Martin Provost avait voulu la protéger et la débarrasser de sa réputation sulfureuse, de sa personnalité rugueuse.

Dans le film, Violette apparaît comme une bonne fille vigoureuse, obstinée, ne manquant pas de courage, nourrissant vis-à-vis des uns et des autres des sentiments contrastés.

Il n’est pas certains que le choix d’Emmanuelle Devos pour incarner Violette Leduc soit une bonne chose d’autant qu’apparemment peu dirigée, elle laisse apparaître la trame de son jeu.

Le récit est chaotique, marqué par les apparitions de comédiens peu convaincants ici, Jacques Bonnafé pour Jean Genet, Olivier Gourmet pour Jacques Guérin, Olivier Py pour Maurice Sachs. Ils apparaissent comme une suite de vignettes nécessaires, biopic oblige.

La seule à tirer son épingle du jeu est Sandrine Kiberlain. Elle incarne une Simone de Beauvoir saisissante toute en nuances, sentinelle autoritaire et vigilante, veillant sur Violette Leduc sans jamais faillir.

Il est possible que la construction du film, sa linéarité répondent aux exigences du genre et que vu sous cet angle, le travail de Martin Provost réponde scrupuleusement à une nécessité narrative, que " Violette" puisse être vu comme un modèle du genre.

La mise en scène est souvent empruntée. Elle apparaît comme le travail d’un bon élève qui se serait beaucoup appliqué pour réussir une belle page d’écriture.

Francis Dubois

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