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Un film de Lisa Aschan (Suède)

"Voltiges" Sortie en salles le 3 août

Emma, une adolescente secrètement farouche et Sara, sa petite soeur de sept ans, sont élevées par un père célibataire, attentif et aimant.
Au moment où Emma s’inscrit à un concours de voltige équestre, elle fait la connaissance de Cassandra, une cavalière particulièrement douée. Une amitié teintée de rivalité lie les deux filles et les engage dans un duel aussi sournois qu’ouvert.

Pendant que Cassandra dicte ses lois, Emma gagne en assurance. Un jeu de pouvoir s’immisce dans leur relation pour finir par atteindre un point critique dont Emma sortira victorieuse.
Mais dans un combat quel qu’il soit, y a-t-il vraiment une victime et un gagnant ?
Alors que les deux adolescentes s’affrontent, Sara, gamine précoce, vit sa propre histoire. Elle tente d’attirer l’attention du baby-Sitter Sébastien dont elle est ouvertement amoureuse...
"Voltiges" porte un regard sans concession ni précaution sur les dessous de l’adolescence, sur les rivalités sourdes qui peuvent traverser les esprits juvéniles et aident à la construction des personnalités. La cruauté est à son paroxysme même si elle emprunte les méandres des attirances réciproques, de la tendresse à fleur de peau et des stratégies d’amitié.
Et c’est ce grondement souterrain, les ramifications d’une hostilité qui évite les affrontements directs qui fait toute l’originalité d’un récit qui erre hors des sentiers battus et évite tous les stéréotypes inhérents au sujet.
L’étrangeté du personnage de Sara, amoureuse précoce mais déterminée à gagner le cœur de Sébastien est à la fois une note discordante et le moyen de contrebalancer un équilibre narratif un peu aride.
Chacune des protagonistes de l’histoire sait confusément que la cruauté est un élément du jeu engagé et qu’elle modérera autant la victoire d’Emma que la défaite de Cassandra.
Lisa Ascham semble avoir une prédilection pour les personnages mauvais et immoraux mais elle les engage de telle sorte, dans la fluidité de son récit, dans son sens de la retenue, que le combat qui les oppose ne se départit jamais de l’attirance qu’ils ont les uns pour les autres.
La construction du récit, la marginalité des personnages et des sentiments qui les animent, le dépassement de certaines limites dans les contacts et dans les propos, une grande économie narrative font de "Voltiges" une oeuvre très singulière, parfois déroutante, mais d’un bout à l’autre attachante.
Francis Dubois

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