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Un film de Zoltan Mayer (France)

"Voyage en Chine" Sortie en salles le 25 mars 2015.

Liliane et Richard sont un couple de quinquagénaires usé par les habitudes et qu’un contentieux conjugal tient à distance l’un de l’autre.

Lorsqu’ils apprennent la mort accidentelle de leur fils Christophe, un photographe qui s’était fixé en Chine et qu’ils n’avaient plus revu depuis de nombreuses années, un élan semble les rapprocher.

Pourtant c’est seule et sans s’en être ouverte à Richard que Liliane va entreprendre le voyage en Chine dans le but de rapatrier le corps de leur fils en France.

Cinéma : le voyage en Chine

Le parti-pris de mise en scène de la première demi-heure du film riches en ellipses, hors champs et courtes séquences tronquées convient bien à cette histoire de deuil lointain et au personnage à la fois frileux et audacieux de Liliane.

L’enchaînement feutré des séquences familiarise avec ce personnage peu offensif et pourtant déterminé, livré aux tracasseries kafkaïennes que représentent un voyage aussi lointain et le rapatriement d’un corps.

Dès son arrivée en Chine, Liliane est confrontée aux difficultés de la langue, à une culture qui lui est totalement étrangère et dès cette seconde "partie" du film on pressent que cette mère endeuillée, saisie de la difficulté à communiquer, mutique jusqu’à l’infirmité va stagner dans une posture d’interrogations sans réponse et que le personnage ne dépassera pas, sauf quelques rares exception, ces limites.

Car, une fois de plus, Yolande Moreau reprend sa partition d’éternelle innocente, candide mais déterminée livrée aux vicissitudes d’un monde qui la déborde.

Pourquoi ce jeu monochrome qui, passé les dix premières dix minutes du film, n’apporte plus rien au personnage alors qu’à deux ou trois reprises dans au cours du récit, il est prouvé qu’elle peut en sortir et donner dans une autre palette de jeu.

Le moment où elle reconnaît la chanson de Jacques Brel en est un bel exemple, ou celui où soudain presque primesautière, elle s’est lancée dans la préparation d’une pâte qu’il faut battre pour l’assouplir.

Le jeu de Yolande Moreau peut être sensible et convaincant à chacune de ses apparitions mais c’est dans la répétition des mimiques et expressions qu’il se délite et finit par lasser.

La dernière partie du film est celle qu’on voyait se profiler depuis l’image du champ de Colza. Avec la rencontre avec les amis de Christophe qui baigne dans un angélisme non dissimulé s’ouvre ce qu’on pourrait appeler une sorte de mélodrame touristique.

Les rites succèdent aux cérémonies, aux démonstrations d’amitié et les personnages secondaires chinois pourtant joués par des comédiens efficaces, se noient dans un angélisme regrettable.

Mais pour ces mêmes raisons qui l’affaiblissent, le film de Zoltan Mayer se laisse voir. L’image belle, les plan soignés, la gentillesse de l’accueil donnent envie de faire ce voyage et d’aucun trouveront la performance d’actrice de Yolande Moreau de haute volée.

Les inconditionnels de l’actrice trouveront leur compte…

Francis Dubois

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