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Un film de Pieter Van Hees (Belgique)

"Waste Land" Sortie en salles le 25 mars 2015.

Leo Woeste est inspecteur à la brigade criminelle de Bruxelles.

Il vit une relation harmonieuse avec Kathleen dont il considère Jack, le fils de cinq ans, comme son propre enfant. Mais sa tâche de policier est accaparante et elle l’amène chaque jour à explorer les bas-fonds de la ville, le "Waste Land".

La nouvelle enquête qui lui incombe est sur le meurtre d’un jeune congolais dont il est amené à rencontrer la sœur, une jeune femme magnétique et déterminée à qui il promet de faire toute la lumière sur le crime.

Entre rituels, fascination et vieux démons, l’équilibre de Léo est mis à mal et du même coup, son couple va être amené à traverser une éprouvante zone de turbulences…

Cinéma : Waste land

Le point de départ du fil de Pieter Van Hees ne brille pas par son originalité.

Un jeune inspecteur qui tente de trouver un équilibre entre un travail qui le passionne, l’accapare et une vie familiale qui va redoubler d’exigences avec une prochaine naissance, voilà qui nous met sur le rail d’un récit pas totalement inconnu.

Si Léo est un personnage attendu (Jérémie Renier lui prête une présence musclée mais fragile), celui de Kathleen, la jeune femme qui s’interroge avec une certaine lucidité sur le devenir de son couple dès lors qu’il a dépassé le stade fusionnel, s’annonce d’entrée comme plus intéressant, psychologiquement plus riche.

Lorsque la mort d’un jeune congolais introduit Léo dans l’univers de la communauté africaine de Bruxelles, sorte de bas-fond livré à toutes sortes de croyances, de rituels et de pratiques déviantes, le film entre dans une phase risquée qui n’échappera pas à une sorte de folklore avec en arrière-plan, le passé colonialiste de la Belgique.

La rencontre de Léo avec Aysha, la sœur de la victime, son attirance très vite grandissante pour la jeune fille qui elle, n’a d’autre attente que la vengeance, donne au récit une coloration sombre au point qu’elle annonce prématurément le drame final.

La phase dans laquelle entre le personnage de Léo, qui aurait eu tout à gagner d’une narration sobre, s’encombre tout au contraire d’effets de mise en scène tonitruants et finalement réducteurs.

La musique qui, dès le début s’annonçait envahissante devient insistante et bien tôt redondante. Les effets sonores se multiplient et la caméra se met à saisir les visages et les corps dans des gros plans qui ne servent pas plus le sujet que son évolution vers les doutes et les interrogations de Leo.

Pris dans cette la tourmente démonstrative générale, le jeu de Jérémie Renier se contracte et le durcissement des mâchoires n’est pas toujours la meilleure façon pour un personnage de manifester sa détermination et sa volonté. Dommage car on connaît les qualités d’interprète de Jérémie Renier

Le récit qui s’enlise dans une coloration sombre appuyée, épargne cependant la personne de Kathleen qui sort indemne de "l’aventure".

"Waste Land" répond sans doute à la demande d’un certain type de spectateurs qui fréquente le cinéma pour le "spectacle". Celui-là sera comblé par les images, leur force parfois, le jeu des comédiens, par l’alternance des milieux contrastés du récit.

Francis Dubois

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