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Un film d’Anne Villacèque (France)

"Week-Ends" Sortie en salles le 26 février 2014.

Christine et Jean, Sylvette et Ulrich, amis depuis l’enfance, sont liés d’amitié au point qu’ils ont fait l’acquisition de résidences secondaires dans le même village, à deux pas l’une de l’autre. Ils s’y retrouvent les week-ends et avec le même plaisir depuis des années se réunissent à l’occasion d’un repas et parfois, d’un petit déjeuner improvisé.

Tout se passe merveilleusement bien jusqu’à cette fin de semaine où le mécanisme se grippe subitement. Tout commence avec une simple altercation entre Christine et une inconnue à propos d’une place de parking et continue de se gâter avec le départ subit et inexplicable de Jean de chez lui au petit matin.

Cette pièce manquante déstabilise d’autant plus l’harmonie des week-ends que certaines fins de semaines, Jean se présente dans la maison avec une nouvelle compagne.

Anne Villacèque a voulu éviter de faire de cette histoire de couples une chronique attendue. Elle a mis en place un dispositif réduit avec le choix d’un décor presque unique et la périodicité des week-ends qui rythme le film.

Elle a fait de " Week-ends" un film minimaliste qui "dé-romantise" le sujet de la rupture conjugale et les effets de cette rupture sur l’environnement affectif du couple défait, et plus précisément sur des amis proches et de longue date qui s’en retrouvent déstabilisés au point de s’interroger à propos d’eux-mêmes avec une certaine dose d’inquiétude.

Les liens qui se sont tissés de personne à personne et de couple à couple étaient-ils profonds ou bien, au fil des années, avaient-ils trouvé racine dans d’agréables habitudes. Le plaisir de se retrouver était-il lié à une amitié réelle ou à l’atmosphère bon-enfant qu’apportait une promiscuité régulière et rassurante.

"Week-ends" fonctionne sur des faits complexes, invisibles, ces presque riens qui font la vie de chacun et qui persistent jusque dans des événements plus saillants qui peuvent survenir et bouleverser.

Hormis le personnage de Christine qui a des réactions en dents de scie pouvant aller de la résignation à l’explosion, tous les autres agissent avec une sorte de prudence comme s’ils voulaient se protéger de ce qui arrive ou qui risque de survenir en conséquence.

Les questionnements récurrents, les moments d’observation, la prudence avec laquelle on agit autour de Christine ou vis-à-vis de la nouvelle compagne de Jean, produisent une lenteur nécessaire, pas toujours convaincante mais qui finit par dégager ici et là, quand le but de la réalisatrice est atteint, un vrai charme, une sorte de petite musique envoûtante.

Mais le gros atout de " Week-ends " est dans sa distribution. Karin Viard toujours surprenante, Noémie Lvovsky parfaite, Jacques Gamblin secret jusqu’à l’opacité et Ulrich Tukur, lucide et optimiste.

On en redemande.

Francis Dubois

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