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Un film de Florian Gaag (Allemagne)

"Whole Train" Sortie en salles le 13 janvier 2010

David, Tino, Elyas et Achim constituent un groupe de graffeurs spécialisés dans la "décoration" des rames des métros. Munis de leurs bombes, ils opèrent de nuit. Ils ont leurs stratégies pour échapper à la vigilance des équipes de surveillance, leurs codes, leurs règles et opèrent dans un esprit d’exigence et de solidarité.
Un jour ils constatent l’existence d’un autre groupe de graffeurs qui comme eux, opère sur les rames des métros…
Une rivalité s’installe. Il s’agit de préserver ses territoires, d’imposer sa propre marque de fabrique et de garder l’avantage…
Le film de Florian Gaag a le mérite de nous faire pénétrer dans le monde des graffeurs réputés travaillant dans l’ombre et autour duquel s’est constituée une atmosphère de mystère. Pourtant, ceux qui constituent ces groupes viennent de tous horizons sociaux et obéissent à une volonté créatrice et à des règles très strictes. Dans le récit, le jeune Achim est tenu, pour entrer dans le groupe, de faire ses preuves même si chacun sait que ce grand adolescent doit ruser avec sa famille pour trouver le temps libre nécessaire.

Les rivalités entre groupes engendrent dans ce mouvement au départ artistique et créatif des dérives de violence. La défense des territoires, la surenchère provoquent des conflits qui échappent à l’esprit pacifiste de la démarche initiale.
Ou bien le graffiti qui est sur le point d’être reconnu comme une réalité artistique contient-il dans sa démarche même, dans son graphisme, dans les couleurs utilisées, dans la clandestinité où il opère, dans la part de défi et d’insolence, les germes de l’agressivité ?
"Whole train" démystifie le monde du graffiti. Il ramène cette activité à une dimension humaine. Ces jeunes gens de l’ombre, dont les œuvres surgissent sur les palissades, les murs, sont des individus ordinaires confrontés à des difficultés quotidiennes et banales et le graffiti est pour eux, en même temps qu’un échappatoire, un défi lancé à la société et un appel à la reconnaissance.
Florian Gaag pose un regard objectif sur ce monde mal connu et paradoxal, pris entre poésie et violence, sur les différences de comportements de l’individu isolé et de l’individu dans le groupe mais il laisse filtrer son admiration pour ces jeunes gens totalement investis dans leur démarche artistique et qui font fi des risques réels qui les menacent sans cesse…
Francis Dubois

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