Autour du Jazz

« Without a Word », Alex Maksymiw Un jazz mondialisé ?

Alex Maksymiw, guitariste et leader de ce groupe pour cet album «  Without a Word  », sans un mot ce que permet la musique, est, peut-être le prototype d’un musicien de jazz de nos temps étranges. Né à Toronto de parents ukrainiens, il a fait ses études à Amsterdam, joué dans des grands orchestres comme Amsterdam Jazz Orchestra ou le Village Vanguard Orchestra – créé par Thad Jones et Mel Lewis, il continue, chaque lundi à se produire au Village Vanguard de New York sans ses créateurs – ou d’autres, à cheval sur les deux continents, européen et américain. Comme Mike Stern, guitariste un temps de Miles Davis, il se trouve au confluent de toutes les influences. Il a du mal, la pression est forte, à se sortir du langage et de grammaire du be-bop tout en subissant les vagues venues du free jazz et de Coltrane en particulier en passant par Miles ou le jazz fusion via John McLaughlin. Pat Metheny et John Scofield sont aussi présents dans le style du guitariste.

Jazz : Without a world

Trouver son style est difficile aujourd’hui. Le choix du jazz n’est pas simple. Il manque de lieux où pourraient se confronter les musiciens(ne)s entre eux et elles comme avec les autres artistes.

Il s’est associé avec Markus Strickland, ténor saxophoniste, qui a un parcours similaire et cherche sa voi(e)x. Une sonorité qui doit beaucoup à Joe Henderson, à Wayne Shorter et un peu à Michael Brecker plus qu’à Coltrane avec un grain qui représente sa marque de fabrique.

Scott Kemp, bassiste, est bien connu au Canada et en Amérique du Nord, un peu moins de ce côté de l’Atlantique. Il représente le soubassement nécessaire au guitariste – qu’il connaît bien – et au saxophoniste. Le batteur, Frank Parker, est né et a fait ses études à Chicago et presque tout est dit. L’ambiance de la ville est restée très fortement inscrites dans tous les idiomes du jazz et du blues. Il fait entendre sa capacité à faire jouer à la batterie un rôle à part entière tout en conservant le rythme, le battement même lorsque les métriques son étranges.

Globalement, la musique a du mal à accaparer l’attention tout du long. Les ambiances sont souvent très proches. Cette musique lorsqu’elle sort du cadre strict de la structuration en accords doit faire preuve d’une intense énergie sinon elle sombre dans la platitude.

Il faut inscrire cet album dans la recherche d’une musique du temps. Les musiciens réunis sont aussi capables de trouées qui laissent penser que l’avenir n’est pas mort.

Nicolas Béniès .

« Without a Word », Alex Maksymiw, Double Moon Records, distribué par Socadisc.

Autres articles de la rubrique Autour du Jazz

  • « Rhapsodie », Gaëtan Nicot Quartet
    Les pianistes d’aujourd’hui sont soumis à des vents d’influence qui soufflent follement. Difficile de les ignorer. Tempêtes, orages que sont Bill Evans et Keith Jarrett en particulier ou les... Lire la suite (9 janvier)
  • « Intermezzo »
    Sarah Lancman avait défrayé la chronique avec un premier album. « Intermezzo », un titre adapté au deuxième album qu’elle signe, est une rencontre avec le pianiste Giovanni Mirabassi pour un répertoire... Lire la suite (8 janvier)
  • « Les disques de la Victoire, American Army V-Discs 1943-49 »
    Le 75e anniversaire du débarquement a suscité une débauche de manifestations pour glorifier la Libération. La musique a été oubliée de même qu’un travail de mémoire pourtant toujours utile. Plutôt que de... Lire la suite (Décembre 2019)
  •  Woody Herman, New York, Hollywood, Monterey
    La collection « Quintessence » dirigée par Alain Gerber (Frémeaux et associés) fait toujours la preuve d’un choix affiné dans la présentation d’un artiste partie prenante des mondes du jazz. La... Lire la suite (Décembre 2019)
  • Thomas Mayeras trio « Don’t Mention It »
    Un trio piano, Thomas Mayeras, contrebasse, Nicola Sabato – digne représentant de ses aînés, Ray Brown en particulier -, batterie, Germain Cornet – héritier du batteur Charles « Lolo » Bellonzi -, du... Lire la suite (Décembre 2019)