Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Mark Jackson (États-Unis)

"Without" Sortie en salles le 14 novembre 2012

Joslyn, une toute jeune fille qui traverse une douloureuse épreuve sentimentale, débarque sur une île isolée, dans une vaste maison où elle doit s’occuper seule d’un vieil homme plongé dans un état végétatif.

Sa mission est lourde, ingrate et elle s’y consacre dans un premier temps avec courage et énergie. Mais bientôt la solitude la tenaille et plus tard, l’étrange impression de peur que lui inspire le vieil homme, terré dans son inexpressivité.

L’isolement exacerbe ses états d’âme et l’amène à éprouver sa sexualité, la culpabilité, l’abandon et Joslyn ne trouve pas dans la mission qu’elle avait acceptée, de remède à sa souffrance amoureuse ni les solutions qu’elle escomptait.

La "bible" qu’ont rédigée le fils du vieil homme et sa femme dresse une longue liste de recommandations et d’interdits que Joslyn s’appliquera progressivement à transgresser.

Si on se place d’un point de vue réaliste et que l’on prend le récit au pied de la lettre, il fourmille d’invraisemblances. Une toute jeune fille inexpérimentée peut-elle prendre en charge le quotidien d’un vieillard paralysé dans un endroit isolé, à plus forte raison si elle se trouve être dans une situation psychologique fragile.

Mais les mêmes éléments du récit qui lui donnent son caractère réaliste pourraient basculer, rejoindre les codes du film de genre et déboucher à défaut du terrifiant sur des atmosphères inquiétantes. La solitude, l’épaisseur de la nuit, l’énigme que représente la présence du vieillard peut-être pas aussi immobile qu’on le croit, pourraient alimenter le récit dans ce sens.

Mark Jackson préfère situer son film entre les deux et alimenter la première option, celle du récit réaliste avec des scènes d’extérieur très ordinaires, l’esquisse d’une idylle entre Joslyn et un solide garçon du cru, très attiré par elle et dont elle refuse la tendresse.

Il plonge le film dans une tonalité plus inquiétante quand la jeune fille menée à bout par la solitude et l’afflux des souvenirs, adopte vis-à-vis du vieil homme qu’elle soupçonne de vouloir la terroriser, une attitude violente, allant jusqu’à le gifler.

Si une tension nourrit le récit, celui-ci reste, et c’est sans doute ce qui en fait tout l’intérêt, dans des limites qui le font sans cesse osciller entre inquiétude et déroulement d’un quotidien presqu’ordinaire.

Mark Jakson a écrit le rôle de Joslyn pour la comédienne Joslyn Jensen. Celle-ci a même participé à l’écriture du script. Sa silhouette juvénile, son visage angélique donnent au film, qu’il penche du côté du récit réaliste ou du film de genre, la même ambiguïté entre douceur et rugosité et intensifient l’impression d’un danger latent.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « The last family »
    . « The last family » est parti d’une histoire vraie, celle du peintre Zdzislaw Beksinski et de son entourage. Pendant de nombreuses années,l’artiste a filmé chaque jour sa propre intimité à... Lire la suite (15 janvier)
  • « La surface de réparation »
    Ancien joueur de foot qui a abandonné le terrain, Franck, un solide garçon pourtant dans la force de l’âge, est devenu homme « à tout faire » auprès d’Yves, l’entraîneur d’un club de province.... Lire la suite (14 janvier)
  • « Enquête au Paradis »
    Nedjma, journaliste dans un quotidien algérien a décidé de mener une enquête sur les représentations du « Paradis » véhiculées par la propagande islamiste, les prédicateurs salafistes du Maghreb et du... Lire la suite (14 janvier)
  • « L’enfant de Goa »
    Cette chronique du village de Boribrnol à Goa en Inde est vue à travers le regard de Santosh, un adolescent de seize ans qui vit seul avec sa grand mère dans la pauvreté et sous le joug d’un marchand... Lire la suite (13 janvier)
  • « Le rire de ma mère »
    Adrien, une jeune adolescent, n’a pas la vie facile depuis que son père et sa mère se sont séparés. Il se partage entre l’un et l’autre jusqu’au jour où il va prendre conscience de la douloureuse... Lire la suite (13 janvier)