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Un film de Robert B. Weide (Etats-Unis)

"Woody Allen, a documentary" Sortie en salles le 30 mai 2012

On sait, on croit tout savoir sur Woody Allen. Chacun de ses films, que ce soit un succès public ou pas, est toujours un événement. On sait qu’il tourne en moyenne un film par an (41 films en 41 ans de carrière). On sait que des événements, à certains moments de sa vie, ont défrayé la chronique, fait la une des journaux à sensation.
Et pourtant, en regardant le documentaire que lui a consacré Robert B. Weide, on redécouvre le personnage lunaire à l’humour caustique qui reste sur la réserve, semble résister et brouiller les pistes avec un mélange d’audace et de retenue.
Mais sait-on que pendant plus de dix ans, avant de réaliser son premier film, "Prends l’oseille et tire-toi", Woody Allen a écrit des histoires drôles pour des chroniqueurs de presse, des comiques et pour le "Sid Caesar Show" ? Qu’il a entamé à 24 ans une carrière réussie de One man show à la télévision et sur des scènes de cabarets.
Et que c’est cette activité d’amuseur qui lui a ouvert les portes du cinéma avec l’écriture du scénario de la comédie "What news, Pussy cat ?".
Woody Allen connaît le succès dès ses premières réalisations : "Bananas", "Woody et les robots, "Guerre et amour". Mais la consécration survient avec le triomphe de "Annie Hall" en 1977. Et même quand il crée la rupture et réalise l’intimiste "Intérieurs", le succès est tout de même au rendez-vous.
On apprend, si on ne le savait déjà, que Woody Allen détient le record du nombre de nominations aux Oscars pour le Meilleur scénario et qu’il a remporté 3 victoires.
Lui ou ses acteurs y ont été cités seize fois et six d’entre eux ont remporté l’Oscar. A ce palmarès s’ajoutent sept BAFTA, deux Césars et de nombreux prix dans des festivals en Europe, dont Cannes et Venise.
Le film réalisé par Robert B. Weide nous renseigne pleinement sur la carrière du réalisateur. Il nous rappelle que ses égéries auront été Diane Keaton et Mia Farrow et quelques autres qui, tellement heureux qu’ils étaient dans un film de Woody Allen, ont donné le meilleur d’eux-mêmes, se sont surpassés et ont été récompensés.
Mais derrière ses lunettes, Woody Allen n’en reste pas moins opaque, comme jaloux de sa part de mystère en dépit de la célébrité.
Documents et interviews se succèdent. Témoignages et extraits d’archives s’incrustent dans ce documentaire de facture académique d’une durée de près de deux heures.
Woody Allen qu’on dit modeste, ne voyait pas où se situait l’intérêt de faire un film sur sa personne. Il avait sans doute un peu tort. Mais il avait peut-être aussi raison.
Francis Dubois

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